Flots de réactions

Le chef du grand conseil des Cris, Matthew Mukash Le chef du grand conseil des Cris, Matthew Mukash.

Le projet de centrale hydroélectrique Eastmain-1-A, qui impliquera la dérivation de la rivière Rupert, suscite quelques réserves, même s'il est une source de satisfaction pour le milieu régional et des membres des communautés autochtones.

Alors que le milieu régional et le chef de la communauté crie saluent les retombées économiques du mégaprojet hydroélectrique, la Fondation Rivières soulève les impacts environnementaux et exige un moratoire d'une année.

Le président de la Fédération des travailleurs du Québec, Henri Massé, a favorablement accueilli cette annonce, qui est selon lui synonyme de création de richesse et d'emplois. Répondant aux détracteurs du projet, le chef syndical estime que le problème est le réchauffement climatique, et non l'hydroélectricité, qui est une énergie propre.

Le président de la Conférence régionale des élus de la Baie-James, Gérald Lemoyne, estime qu'« on ne peut jamais faire du développement sans que ça ait un effet sur l'environnement au sens large ». Cela dit, il trouve qu'il y a « beaucoup plus d'effets positifs que d'effets négatifs » dans ce mégaprojet.

Pour sa part, le grand chef du grand conseil des Cris, Matthew Mukash, a avoué ses sentiments partagés. Il se dit « triste », en tant qu'autochtone attaché à ses terres, à ses rivières, mais, nuance-t-il, il faut également admettre que le développement hydroélectrique et la Convention de la baie James ont stimulé la croissance économique dans la région, ont permis d'injecter des fonds dans l'éducation et les soins de santé.

« Je ne suis pas le seul à éprouver des sentiments partagés. La terre est notre moyen de survie, quelque chose de sacré [...] C'est une journée très triste pour beaucoup de gens, et c'est une journée triste pour moi, mais, en bout de course, il y a toujours une lumière au bout du tunnel », a ajouté le chef cri.

Cette annonce a été également saluée par la Fédération des Chambres de commerce du Québec comme étant « un pas de plus en faveur de la création de la richesse pour le Québec ».

Un moratoire exigé

Rompant avec ce concert de satisfactions, la Fondation Rivières a appelé Québec à surseoir à cet important projet en raison de ses effets environnementaux néfastes.

Lors d'une conférence de presse, jeudi, à Montréal, les membres de cet organisme qui oeuvre pour la préservation du caractère naturel des rivières ont demandé au gouvernement Charest un moratoire d'une année avant d'aller de l'avant avec les travaux.

La porte-parole Anne-Marie St-Cerny ne comprend pas pourquoi Hydro-Québec s'entête à réaliser ce projet après avoir conclu, dit-elle, que les impacts environnementaux liés au mercure pourraient être plus importants. Mme St-Cerny relève aussi un dépassement dans les coûts de réalisation du projet et n'hésite pas à accuser le gouvernement Charest d'électoralisme dans ce dossier.

Le coprésident de la Fondation, Roy Dupuis, s'en est pris lui aussi au gouvernement affirmant qu'il n'était pas nécessaire de procéder à ce chantier qui nuit à la nature. La rivière « Rupert est un joyau qu'il faut préserver », a-t-il déclaré.

Conférence de presse

Prenant la parole, le chef de la communauté chisasibie s'est attardé sur l'impact écologique que ces grands travaux pourraient avoir sur la faune, la flore et sur sa communauté. « Plusieurs espèces animales et végétales, ainsi que la santé humaine, sont menacées », soutient le leader autochtone, qui fait ainsi écho aux craintes des écologistes. Ces derniers estiment que la dérivation de la rivière nuira aux poissons et accroîtra la teneur des sols en mercure.

L'un des membres de la Fondation Rivières, présent à la conférence de presse, a d'ailleurs soutenu que « l'hydroélectricité n'est pas propre, et qu'elle pollue les eaux et les poissons de par le mercure qu'elle génère ».

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