Jeudi 11 janvier
Vancouver n'a rien à voir avec Montréal. Dans cette ville jeune et mixte, la notion de peuple fondateur n'existe pas, comme le rapporte Dominique Arnoldi. Il y a bien eu le célèbre jugement de la Cour suprême sur le turban, au début des années 90. Mais depuis, tout semble satisfaire tout le monde.
Par exemple, l'Université de la Colombie-Britannique tient compte de dizaines de fêtes religieuses et exempte ses étudiants croyants d'examen, si nécessaire.
Notre correspondant à Vancouver, Frédéric Arnould, jette un regard sur une réalité difficile qui a secoué l'importante minorité sikhe de Colombie-Britannique.
Dans la seule région de Vancouver, cette communauté compte 300 000 personnes. C'est une micro société qui, grâce au multiculturalisme, conjugue citoyenneté canadienne et héritage indien. Les Indo-Canadiens représentent là-bas une force qui leur permet de se doter d'infrastructures religieuses, sociales, mais aussi politiques et économiques.
Mais l'automne dernier, une série de drames conjugaux, dans lesquels des femmes ont trouvé la mort, a fissuré l'apparente harmonie de la communauté. Pour tenter de mettre fin à ces violences, un animateur de Radio-India a brisé une certaine loi du silence en rendant public l'un des meurtres. Le flot de témoignages de femmes maltraitées a déferlé, faisant naître une prise de conscience au sein de la communauté.
En Colombie-Britannique, cette vague de meurtres a créé, à tort ou à raison, la perception que la violence conjuguale est plus grave chez les immigrants.
Ujjal Dosanjh
Certains montrent du doigt le multiculturalisme, qui isolerait les communautés culturelles de la réalité canadienne au profit de traditions et de comportements parfois contraires aux valeurs d'ici. Une opinion qui ne fait toutefois pas l'unanimité. Mais, selon l'une des figures les plus connues de la communauté indo-canadienne, le député libéral fédéral Ujjal Dosanjh, il faut revoir complètement ce qu'on a appelé la mosaïque canadienne.
Plusieurs espèrent que les récents événements contribueront au moins à une réflexion à plus long terme sur la façon d'être à la fois Canadien et de conserver l'héritage de ses origines.