L'accommodement raisonnable en Grande-Bretagne

Lundi 15 janvier

Notre correspondant en Europe, Luc Chartrand, et le réalisateur Laurent Racine se sont rendus en Grande-Bretagne, considérée comme un modèle de société multiculturelle, mais où certaines tensions se font de plus en plus évidentes.

Manifestation, à Londres, en 2004, contre la loi, en France, interdisant le port du voile dans les écoles. À Londres, une femme portant le niqab et sa fille, portant le hijab, lors d'une manifestation tenue en 2004 contre la loi française interdisant le port du voile dans les écoles.   © AFP/ODD ANDERSEN

L'expression des différences y est non seulement tolérée, mais également encouragée. Cependant, de récents événements ont poussé les Britanniques à s'interroger sur les limites de cette attitude, qui a fini par encourager la séparation des communautés au détriment d'une appartenance commune.

En 2005, les attentats du métro de Londres ont été un électrochoc: de jeunes musulmans nés en Grande Bretagne s'étaient tournés contre leur propre pays au nom de la guerre sainte.

Puis, l'automne dernier, le niqab - le voile intégral - est devenu le symbole de la séparation entre certains musulmans et leur pays d'accueil. Une enseignante qui le portait, Aicha Azmi, a été suspendue par son collège, puis congédiée parce qu'elle refusait d'enlever son voile quand elle s'adressait aux élèves.

La controverse a relancé le débat sur le multiculturalisme, le leader de la Chambre des communes, Jack Straw, allant jusqu'à demander publiquement aux femmes voilées qui allaient le rencontrer à son bureau d'enlever leur niqab.

Récemment, le premier Tony Blair a invité les Britanniques à repenser le multiculturalisme. Mais le débat sur cette question est essentiellement devenue un débat sur l'intégration des musulmans. Pour certains, ce n'est toutefois pas le multiculturalisme qui éloigne les jeunes musulmans de la société britannique comme la discrimination et le racisme dont ils seraient victimes.

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