Esso renonce à ses enseignes en anglais

Esso   © PC/Peter McCabe

La pétrolière Esso fait marche arrière après le tollé soulevé par son intention d'angliciser la bannière de ses dépanneurs au Québec, en les rebaptisant On The Run.

La pétrolière qui a commencé à apposer l'enseigne On The Run sur ses dépanneurs au Québec s'est vite rétractée devant le tollé soulevé par ce virage.

« Après avoir écouté les commentaires de nos clients, nous avons conclu que ça ne valait pas la peine de convertir les Marché Express en bannière On The Run », a déclaré Robert Théberge, porte-parole d'Esso pour le Québec et l'Ontario.

La pétrolière envisageait d'apposer l'enseigne anglaise à ses 55 dépanneurs Marché Express au Québec, histoire de « standardiser » la marque de commerce dans l'ensemble de l'Amérique du Nord. Un premier établissement portant cette appellation a d'ailleurs ouvert ses portes récemment dans la municipalité de Mont-Royal, sur l'île de Montréal, suscitant la colère de citoyens et d'organismes de défense de la langue française.

Le président d'Impératif français, Jean-Paul Perreault, a estimé qu'en concrétisant ce projet, Esso manquerait de respect envers l'environnement culturel et linguistique québécois. Il a encouragé les consommateurs à boycotter Esso si elle maintenait l'appellation On The Run sur la devanture de ses magasins. La Société Saint-Jean-Baptiste a également critiqué le virage anglophone pris par la pétrolière.

La Charte de la langue française n'interdit pas à Esso d'utiliser ce nom anglais, comme elle le fait ailleurs au Canada et aux États-Unis, car il s'agit d'une marque de commerce enregistrée. L'Office de la langue française a toutefois souhaité que la pétrolière trouve un équivalent français, comme le font d'autres multinationales présentes au Québec.