
Itinérance
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Inquiets de l'augmentation du nombre de sans-abri, des groupes communautaires et deux députés péquistes ont réclamé la tenue d'une première commission parlementaire sur l'itinérance à l'Assemblée nationale. L'objectif est de parvenir à un véritable plan d'action sur cet enjeu de société.
Quelque 130 organismes affiliés au Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes, ainsi que deux députés du Parti québécois (PQ), MM. Nicolas Girard et Martin Lemay, ont uni leurs voix pour faire cette demande lors d'une conférence de presse organisée dimanche à la Maison du Père, à Montréal.
« La situation s'est aggravée à la grandeur du Québec et le gouvernement n'intervient pas de façon concertée et cohérente, tout est éparpillé d'un ministère à l'autre », déplore le député péquiste de Gouin, Nicolas Girard.
Situation inquiétante
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Même s'il est difficile d'évaluer l'ampleur du phénomène de l'itinérance, les dernières statistiques datant de 1998, plusieurs organismes d'hébergement de la région montréalaise s'accordent pour dire que la situation est inquiétante.
« [Les organismes] ont enregistré en octobre et en novembre une forte hausse de leur taux d'occupation qui équivaudrait à environ 10 % », a estimé le coordonnateur du Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal, Pierre Gaudreau.
D'après les intervenants, il y aurait environ 30 000 personnes en situation d'itinérance à un moment ou à un autre dans l'année à Montréal, dont un tiers de jeunes.
Ils constatent, par ailleurs, que les cas d'itinérance deviennent de plus en plus complexes, impliquant davantage de jeunes, de femmes, d'autochtones, aux prises avec divers problèmes (toxicomanie, jeu compulsif, maladie mentale, loyer inabordable, etc.).
Le député péquiste de Sainte-Marie-Saint-Jacques, Martin Lemay, a également relevé que l'itinérance touchait désormais toutes les régions. Il en veut pour preuve les quelque 130 organismes de partout qui appuient la demande de création d'une commission parlementaire.
« Nous avons la nette impression que l'itinérance n'apparaît pas en tête de liste des priorités du gouvernement du Québec », a commenté le député Nicolas Girard qui, pour étayer son propos, faisait remarquer que le plan de lutte contre la pauvreté du gouvernement libéral, de 50 pages, ne comportait que deux paragraphes sur ce problème.
MM. Lemay et Girard avaient demandé le 2 novembre dernier à la Commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale de tenir une commission parlementaire, mais ils disent que leur demande est restée sans réponse.
Moyens précaires
![]() Dan Bigras est engagé dans l'aide à l'itinérance. |
Présent à la conférence de presse, l'artiste Dan Bigras a salué l'initiative tout en indiquant que « ça va prendre plus qu'une commission » pour régler le problème. L'instigateur du Show du refuge, qui contribue à financer l'aide à l'itinérance, a dénoncé les vexations et le harcèlement dont sont victimes les sans-abri, notamment par le biais de règlements municipaux qui criminalisent l'itinérance.
« On chasse la misère, on l'envoie dans d'autres quartiers, on les éloigne de leurs intervenants, de leurs ressources. Il va y avoir des morts à un moment donné, l'hiver va être épouvantable », signale-t-il.
Dan Bigras a rappelé que les parents sont tenus de par la loi d'élever leurs enfants et d'en prendre soin, mais « comment ça se fait, collectivement, qu'on n'a pas les mêmes lois? » s'interroge-t-il. Il trouve « indécent » que des organismes qui viennent en aide aux itinérants soient contraints de s'improviser producteurs de spectacles pour se financer.
Rappelons que le gouvernement conservateur n'a pas encore indiqué s'il comptait renouveler le programme fédéral qui appuie les organismes d'aide à l'itinérance, l'Initiative de partenariats en action communautaire.
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