Femmes pakistanaises
L'adoption d'un assouplissement de la loi islamique sur le viol et l'adultère a provoqué la colère de l'alliance Muttahida Majlis-e-Amal (MMA).
La refonte de la loi islamique par le Parlement crée des remous au Pakistan. Les fondamentalistes lancent un appel à manifester contre la Loi de protection des femmes.
Liaquat Baloch, l'un des dirigeants de l'alliance MMA, la principale force d'opposition islamiste au Parlement pakistanais a déclaré: « Nous allons manifester dans tout le pays contre la loi et contre la politique du dictateur militaire ».
L'alliance MMA veut même aller plus loin et doit décider si ses membres démissionneront en bloc du Parlement. Elle doit aussi lancer un appel formel à des manifestations après la prière du vendredi.
Ce n'est pas seulement au Pakistan que la nouvelle loi a été mal reçue. Elle a déçu les associations de défense des droits de la personne, telles que Human Rights Watch. Ces associations prônaient l'abrogation pure et simple des lois islamistes, qu'elles jugent inhumaines.
La Loi de protection des femmes
Mercredi, le Parlement pakistanais a adopté la Loi de protection des femmes, résultat d'une refonte défendue par le président Pervez Moucharraf lui-même.
Cette loi adoucit les lois adoptées en 1979 dans le cadre de l'islamisation du pays entreprise par le général Zia ul-Haq.
La nouvelle loi est moins sévère pour les femmes.
Dorénavant, une femme reconnue coupable d'adultère est passible d'une peine maximale de cinq ans d'emprisonnement et d'une amende. Sous la loi islamique, elle encourait la peine de lapidation, qui n'a jamais été appliquée.
De plus, les femmes victimes de viol pourront plaider leur cause plus facilement. Elles n'auront plus besoin de trouver quatre témoins « bons musulmans » pour prouver le viol.
La bataille pour l'adoption de la nouvelle loi a été dure. Elle a donné lieu à un affrontement entre les factions conservatrices islamistes et celles dites plus libérales au Parlement.
Les parlementaires fondamentalistes avaient boycotté le vote après avoir dénoncé la libération sexuelle de la société pakistanaise. On avait même accusé le président Moucharraf d'avoir mis en oeuvre une loi téléguidée par son allié américain.