Bill Clinton
La présence de Bill Clinton aura constitué la clé de voûte de la Conférence promesse du millénaire de Montréal 2006 durant laquelle des conférenciers canadiens et internationaux ont fait de vibrants plaidoyers contre la pauvreté infantile.
L'ex-président Bill Clinton fait un vibrant plaidoyer contre la pauvreté infantile lors de la Conférence promesse du millénaire de Montréal, à laquelle ont aussi participé l'économiste Jeffrey Sachs et l'actrice Mia Farrow.
Devant près de 3000 invités réunis au Palais des congrès sous le thème « L'heure des enfants », l'ex-président américain a dressé un portrait des voies multiples par lesquelles les citoyens peuvent oeuvrer à réduire la misère à l'échelle planétaire.
Bill Clinton a souligné que la lutte contre l'épuisement des ressources naturelles et la pollution de l'eau est aussi bénéfique et nécessaire que l'ouverture d'écoles ou la distribution de médicaments à prix réduit en Afrique, si l'on souhaite atteindre les objectifs du millénaire de l'ONU sur la pauvreté d'ici 2015.
L'ex-président s'est attardé sur les ravages causés dans les pays en développement par les maladies infectieuses, quasi-inexistantes en Occident. Ainsi, en 2006, un décès sur quatre dans ces pays sera attribuable au sida, à la malaria, à la tuberculose ou à de l'eau insalubre, et 80 % des victimes seront des enfants de moins de 5 ans.
Investir dans la lutte contre la pauvreté, conclut-il, coûte moins cher aujourd'hui que payer plus tard pour les conséquences de cette pauvreté.
En 2006 seulement, sa fondation Global Clinton Initiative a recueilli plus de 7,3 milliards de dollars qu'elle a réinvestis dans des projets d'aide humanitaire et de lutte contre les changements climatiques.
L'économiste américain Jeffrey Sachs a pris la parole en avant-midi. Le président de la campagne pour les objectifs du millénaire de l'ONU a plaidé pour que les Canadiens ne laissent pas le gouvernement fédéral abandonner le protocole de Kyoto sur les changements climatiques.
Pour lui, comme pour l'ex-président démocrate, la lutte contre la pauvreté et les changements climatiques font partie d'un même combat. Il affirme qu'on ne peut se permettre de détruire les écosystèmes desquels dépend notre survie, d'où l'importance de respecter le protocole de Kyoto. Investir dans la paix, a-t-il laissé entendre, est plus payant qu'investir dans la guerre, avant de s'attarder longuement sur la propagation de la malaria et du sida en Afrique.
L'actrice Mia Farrow, ambassadrice de bonne volonté des Nations unies, a prononcé pour sa part une conférence sur le Darfour.
Parmi les autres participants, on retrouvait aussi la députée libérale Belinda Stronach, le maire de Montréal Gérald Tremblay, le comédien et humoriste Patrick Huard, l'animateur Jean-Luc Mongrain et le chanteur Dan Bigras.
Daniel Germain
La Conférence promesse du millénaire de Montréal 2006 a été organisé par Daniel Germain, président et fondateur du Club des Petits déjeuners du Québec.
De passage au RDI, un peu avant l'ouverture de la conférence, M. Germain en a profité pour lancer un appel au gouvernement fédéral pour qu'il augmente les sommes consacrées à l'aide internationale et à la lutte contre la pauvreté au pays.
Selon Statistique Canada, à Montréal seulement, 30 % des familles ayant des enfants d'âge scolaire vivent sous le seuil de faible revenu.
En ce qui concerne l'aide internationale, le Canada, comme une vingtaine d'autres pays, s'est engagé à verser l'équivalent de 0,7 % de son PIB au développement international. Actuellement, il n'en verse que la moitié.
Les profits de la conférence seront versés au Club des petits déjeuners du Québec et au Club des petits déjeuners du Canada. Environ 250 000 enfants reçoivent quotidiennement un repas offert par un Club des petits déjeuners au Canada.
La pauvreté aux portes du palais
Dan Bigras s'adresse aux manifestants
Une centaine de manifestants antipauvreté, issus d'une vingtaine d'organismes populaires et syndicaux, s'étaient donné rendez-vous devant le Palais des congrès pour rappeler aux gouvernements que la pauvreté est aussi un phénomène canadien.
Leurs porte-paroles ont notamment fait valoir qu'une personne travaillant 40 heures par semaine au salaire minimum ne gagne que 16 000 $ par année, soit 24 % de moins que le seuil de faible revenu établi par Statistique Canada.
Ils ont aussi rappelé que la prestation d'aide sociale de base, qui est de 543 $ par mois, ne couvre même pas le prix d'un loyer à Montréal. Cet état de fait est inacceptable, selon eux, dans une société qui s'est enrichie.
Les manifestants ont rappelé que pour améliorer le sort des enfants pauvres, il faut améliorer celui des familles pauvres. Ils appellent en conséquence à une augmentation tant des prestations que du salaire minimum.