La prostitution

De 2002 à 2003 seulement, les crimes liés à la prostitution ont augmenté de près de 75 % à Montréal.

Jusqu'à tout récemment, un fief bien gardé des Hells Angels et de différentes mafias, le milieu des danseuses et de la prostitution, a été pris d'assaut par les gangs de rue. Chaque fille leur rapporte en moyenne près de 5000 $ par semaine. Le commerce est devenu à ce point rentable que les membres les plus importants, c'est-à-dire ceux du noyau dur, se réservent le marché de la prostitution. « Ça devient du crime organisé, parce que c'est de l'ordre du million de dollars », indique la criminologue Maria Mourani.

Les méthodes de recrutement sont devenues encore plus organisées. « C'est abominable, parce qu'on utilise des mineurs pour recruter des mineurs, mais ce ne sont pas des mineurs qui vont profiter », s'indigne Maria Mourani.

« Il y a beaucoup de jeunes filles volontaires. Il ne faut pas se mettre la tête dans le sable, ça existe. » — Florence Couture, intervenante sociale
Danseuse nue

À 14 ans, séduite par un jeune membre d'un gang de rue, Josée est tombée dans le filet de la prostitution. « Ce qu'elle voulait, c'était être avec ce garçon-là. Elle a été séquestrée, battue et violée. Il était présent lorsqu'elle subissait des sévices », relate l'intervenante sociale Florence Couture. Josée devait être conduite à Niagara Falls, où les touristes américains sont nombreux et où une danseuse rapporte deux fois plus d'argent qu'à Montréal.

Pour prendre le contrôle du marché, les Bleus et les Rouges, deux groupes montréalais, s'affrontaient ici en 2001 et en 2002. Les affaires les ont conduits à faire la paix. Ils font même des échanges avec d'autres gangs de rue pour étendre ensemble leur emprise territoriale.