
Les jeunes de Joseph-François-Perrault, dans le quartier Saint-Michel, connaissent bien les gangs de rue. Leur école étant située dans le territoire des Bleus, les Crips, ils les côtoient tous les jours. « Quelqu'un qui vient se promener avec un chandail rouge, avec un bandana rouge, est très mal vu dans le quartier, parce qu'ici c'est bleu », affirme Harry Delva, travailleur de rue de la maison d'Haïti.
Avant, on trouvait dans ce secteur des gangs de rue surtout formées de jeunes d'origine haïtienne, ils sont maintenant, à l'image du quartier, aussi originaires d'Amérique latine ou encore du Maghreb. « Il y a une autre tendance aussi: on se rend compte que certains jeunes de 5 ans savent déjà à quelles couleurs ils peuvent appartenir », se désole Harry Delva.
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Pour un gang de rue, être présent dans une école peut être intéressant au chapitre de la communication, du recrutement ou même de la vente. La direction de l'école et les travailleurs de rue tentent d'identifier quels élèves font partie d'un gang de rue pour les avoir un peu à l'oeil. « On peut avoir des soupçons, mais c'est souvent les élèves qui se comportent le mieux à l'école et qui, quand on les croise, nous saluent », dit le directeur de Joseph-François-Perrault, Benoît Bussières.
Malgré le calme apparent, la proximité des gangs de rue a tout de même banalisé la violence. « Il y a des gens qui se sont fait poignarder, qui se sont fait battre par 20 personnes et qui se sont fait brûler », relate Fanah, une élève. Pour être admis dans un gang, des jeunes attaquent des passants, parfois même des personnes âgées. Plusieurs de ces crimes ne sont pas rapportés, car les gangs de rue savent imposer la loi du silence.
La présence d'un certain nombre de gangs de rue dans le quartier a donné une image négative à tous ces jeunes qui ne veulent pourtant pas plonger dans la criminalité. Presque tous ressentent encore plus l'exclusion.