Camil Bouchard
À la lumière de récents reportages de Radio-Canada, le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'éducation, Camil Bouchard, craint que les enfants du groupe La Mission de l'Esprit-Saint, dans la région de Joliette, ne reçoivent pas l'enseignement auquel ils ont droit.
Le porte-parole péquiste en matière d'Éducation, Camil Bouchard, demande au gouvernement de s'assurer que les enfants de ce groupe religieux, scolarisés à la maison, reçoivent un enseignement adéquat.
Selon ce qu'a appris Radio-Canada, quelque 144 enfants du groupe religieux sont éduqués à la maison par leurs parents depuis l'an dernier, au terme d'une entente avec le ministère de l'Éducation.
La condition posée était que ces derniers devaient suivre un programme approuvé par la Commission scolaire Des Samares. Or, a révélé Radio-Canada, les résultats scolaires de ces enfants sont désastreux.
Le député péquiste de Vachon demande au ministre de l'Éducation, Jean-Marc Fournier, ce qu'il entend faire pour que ces enfants aient à nouveau un enseignement conforme à la loi. Il s'inquiète aussi du discours religieux du groupe, qui semble favoriser un rejet sans nuance de la société. Il rappelle aussi au gouvernement son obligation de défendre la laïcité.
Dérogations: au cas par cas
Camil Bouchard se questionne par ailleurs sur l'entente prise avec la Mission de l'Esprit-Saint, qui semble contrevenir à la Loi sur l'Instruction publique. La loi précise en effet que les dérogations pour l'enseignement à la maison peuvent être octroyées au cas par cas, et non à des groupes.
Le député de Vachon a d'ailleurs contredit l'attaché de presse du ministre Fournier selon qui les dérogations relèvent des commissions scolaires. M. Bouchard soutient au contraire qu'au regard de la loi, ce pouvoir est dévolu au ministère.
Le député demande par ailleurs au gouvernement de rendre public le nombre d'enfants bénéficiant de dérogations.
Selon le ministère, 500 enfants au Québec ont une dérogation pour l'enseignement à la maison, mais d'autres sources contactées par Radio-Canada parlent de 1000. Il n'y a pas de données centralisées au ministère.
Enfin, Camil Bouchard déplore, tout comme le ministre Fournier, l'absence de dispositions claires dans la loi pour intervenir efficacement dans un cas aussi particulier et l'invite à proposer des modifications lors de sa prochaine révision.
Québec et les représentants de la Mission de l'Esprit-Saint doivent se retrouver en cour le 3 octobre prochain afin de déterminer si l'entente a été respectée. Pour cette raison, le ministère se refuse à faire tout commentaire sur cette affaire.