La journaliste réagit

La journaliste torontoise Jan Wong, qui a établi un lien entre la fusillade au collège Dawson et la marginalisation des Québécois non francophones, se dit victime de racisme et de sexisme.

La chroniqueuse du Globe and Mail déplore avoir été la cible d'attaques racistes et sexistes. Elle défend aussi la validité de son article et estime que MM. Harper et Charest n'auraient jamais dû lui demander des excuses.

Jan Wong, journaliste du Globe and Mail Jan Wong (archives)

Sur les ondes de la radio anglaise de Radio-Canada, la chroniqueuse du Globe and Mail a affirmé, lundi, avoir reçu des courriels d'injures et avoir été attaquée en raison de ses origines asiatiques.

Elle a notamment cité une caricature parue vendredi dans Le Devoir, la représentant les yeux bridés et portant des lunettes, en train d'ouvrir un biscuit chinois Wong où l'on peut lire: « Beware of Bill 101 » (Méfiez-vous de la loi 101).

« On peut attaquer mon style journalistique ou mes méthodes, mais introduire des biscuits chinois, c'est attaquer mon origine ethnique », soutient-elle, tout en rappelant qu'elle est née et a été élevée à Montréal. Le directeur de l'information du Devoir, Jules Richer, affirme n'avoir pas reçu de plainte de la part de la journaliste. Il a justifié l'exagération des traits physiques de Mme Wong « parce qu'il s'agit d'une caricature ». Il a également mentionné que la caricature faisait allusion au fait que le père de Mme Wong possède un restaurant à Montréal.

En outre, Jan Wong a défendu la validité de son article. D'après elle, il faut se demander si ce qui s'est passé à Dawson était « seulement un accident ».

Elle a aussi dit trouver « sain » que les gens ne soient pas du même avis qu'elle, et que les débats étaient une bonne chose.

Mme Wong a cependant critiqué les premiers ministres du Québec, Jean Charest, et du Canada, Stephen Harper, qui ont envoyé des lettres de protestation en réaction à ses propos.

Elle a affirmé que leur intervention était totalement inappropriée et qu'ils n'auraient jamais dû la faire. Selon elle, ils ont abusé de leur position de pouvoir, puisqu'il s'agit de la liberté de la presse. La chroniqueuse soutient par ailleurs que M. Harper tente seulement de gagner des votes au Québec, où sa popularité a décliné au cours des derniers mois.

Samedi, le rédacteur en chef du Globe and Mail, Edward Greenspon, a admis que la fusillade de Dawson et la marginalisation des Québécois non francophones ne pouvaient être associées. Sans s'excuser formellement, il a reconnu que certaines opinions personnelles auraient dû être retirées du texte de Jan Wong.

M. Greenspon a exprimé ses regrets, tout en jugeant que la réaction à la chronique de Mme Wong était disproportionnée.