
VampireFreaks
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Ce n'est pas la première fois que le site web VampireFreaks, dans lequel le tireur du collège Dawson tenait son blogue, est au centre d'une controverse. En avril dernier, il a été associé à un triple meurtre commis à Medicine Hat, en Alberta.
Une jeune fille de 12 ans avait rencontré Jeremy Steinke, 23 ans, par l'entremise du site web. Celui-ci l'aurait aidée à tuer ses parents et son jeune frère de 8 ans. Il aurait agi ainsi parce que les parents de la jeune fille s'opposaient à sa relation avec lui.
Selon le New York Post, un homme de Long Island, aux États-Unis, aurait aussi passé par VampireFreaks pour attirer des victimes. Il fait face à des accusations d'agression sexuelle contre cinq mineures.
Le site VampireFreaks est hébergé aux États-Unis. Il appartient à un magasin new-yorkais de vêtements gothiques, Synth-Tec. C'est aussi le rendez-vous de plusieurs amateurs du jeu de rôle grandeur nature Vampire: The Masquerade.
VampireFreaks compte près de 600 000 membres inscrits, donc il est peu probable que son propriétaire connaissait spécifiquement le contenu de la page de Kimveer Gill, d'autant plus que le tireur n'étalait pas clairement ses intentions.
Sur le site, Kimveer Gill avait mis en ligne plus de 50 photos de lui vêtu d'un long manteau noir et tenant une arme semi-automatique à autorisation restreinte. Il mettait aussi en ligne des messages, dont le dernier a été publié seulement deux heures avant son attaque.
VampireFreaks se dissocie du geste
Les responsables de VampireFreaks ont affiché sur leur site, jeudi, une note dans laquelle ils expriment leur sympathie pour les victimes et leur famille, qualifiant la fusillade d'« événement tragique ».
En outre, ils se sont dissociés du geste, et affirmé qu'ils « ne cautionnent et n'influencent pas » ce type de comportements d'une quelconque manière. Selon eux, les commentaires et les actions de Gill n'avaient rien à voir avec VampireFreaks ou la culture gothique. Ils ont ajouté disposer « d'une excellente équipe d'administrateurs qui modèrent le site et d'un système utile permettant aux internautes de dénoncer toute activité illégale ou suspecte » sur leurs pages Internet.
Cybersurveillance et dénonciation
Les policiers de la Sûreté du Québec comme de la GRC sont affectés à la surveillance du web pour traquer la pédophilie. Aux États-Unis, depuis le mois de novembre dernier, la CIA récolte et analyse les informations qui circulent sur les blogues, principalement dans le cadre de la lutte antiterroriste.
C'est cependant la France, championne des blogues pour adolescents, qui va le plus loin. Les propriétaires de blogues, comme Skyrock, ont engagé des « shérifs du web » pour surveiller les images, textes et liens mis en ligne par les blogueurs.
![]() Photo: AFP/Fred Dufour La cybersurveillance s'est accrue en France après les émeutes de novembre dernier. |
Des mots-clés interdits classent les sites en priorité. Les surveillants peuvent censurer des blogues, voire les fermer. Cette cybersurveillance s'est accrue après les émeutes dans les banlieues, en novembre dernier. Plusieurs jeunes appelaient les autres à la violence et aux rendez-vous pour les émeutes sur les blogues.
Aussi, le suicide de deux jeunes filles près de Calais, l'an dernier, a changé la donne: l'une des deux avait exprimé ses intentions sur son blogue. Skyrock s'est tourné vers l'association d'aide La Note bleue pour que des psychologues analysent le contenu des journaux intimes publiés en ligne. Ils peuvent ainsi offrir un soutien aux jeunes en détresse.
La clé appartient toutefois au public, disent les autorités: les internautes ont le devoir de rapporter l'apologie de la violence ou les appels à l'aide sur les blogues. C'est ainsi que plusieurs appels au suicide en direct sur le web ont été détectés.
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