Beverley Oda, la nouvelle ministre du Patrimoine
La ministre du Patrimoine canadien, Beverly Oda, demande à Guy Fournier de se rétracter et de « réfléchir à la responsabilité et au rôle qu'il joue à titre de président du conseil de CBC/Radio-Canada ».
La ministre du Patrimoine, Beverly Oda, presse l'auteur et président du conseil d'administration de Radio-Canada de retirer ses propos qui portent, selon elle, atteinte à la réputation de la société d'État. Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, réclame sa démission.
Cette réaction fait suite à une chronique du magazine d'actualité artistique 7 jours, parue le 9 septembre, où M. Fournier écrit: « Au Liban, la loi permet aux hommes d'avoir des relations sexuelles avec des animaux à condition qu'il s'agisse de femelles! Faire la même chose avec des bêtes mâles peut entraîner la peine de mort ».
Mme Oda, après avoir demandé au personnel de son ministère de vérifier l'information publiée par Guy Fournier, conclut qu'il s'agit d'une pure fausseté.
Guy Fournier
« Cette inexactitude est troublante parce que M. Fournier est journaliste », a déclaré la ministre dans un entretien téléphonique à la Presse canadienne. « Or, nous devons avoir des attentes de la part de tous nos journalistes sur le plan de l'exactitude », a-t-elle ajouté.
« De plus, M. Fournier joue un rôle dans le système de communications du Canada, de sorte qu'il lui incombe de respecter le plus haut degré de précision. Après tout, il dirige une organisation sur laquelle comptent les Canadiens pour obtenir de l'information exacte, alors sa responsabilité est d'être implacable », a soutenu la ministre.
Mme Oda a laissé transparaître une certaine exaspération à l'égard des agissements de Guy Fournier, s'interrogeant sur le fait que le président du conseil d'administration d'une société d'État signe une chronique dans un magazine grand public. « Je crois que M. Fournier, ou quiconque occupe cette fonction, doit s'assurer qu'il peut assumer ses responsabilités publiques avec la plus grande intégrité », a-t-elle avancé.
Mme Oda a affirmé qu'elle n'imposerait pas de sanction à M. Fournier si ce dernier réagissait « de façon responsable » à la controverse.
Duceppe veut son départ
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, est plus sévère. Il réclame la démission de Guy Fournier.
Gilles Duceppe (archives)
« Je pense que M. Fournier a dépassé les bornes », a déclaré M. Duceppe en conférence de presse à Ottawa. « Ça fait quelques commentaires peu judicieux qu'il fait, et je pense que dans l'intérêt de la société Radio-Canada et dans le sien propre, il devrait quitter ».
En mai, Guy Fournier avait suscité une certaine polémique en affirmant qu'au cours des 15 ou 20 dernières années, Radio-Canada n'avait pas été « totalement objective ou très bien équilibrée dans l'information qu'elle diffusait », suggérant que la société d'État aurait pu en faire plus pour promouvoir l'unité canadienne. Bev Oda avait alors répliqué que le diffuseur public ne devait pas « servir d'outil politique ».