Libération conditionnelle totale

Guy Cloutier   © PC/Paul Chiasson

La Commission nationale des libérations conditionnelles a accordé jeudi une libération conditionnelle totale à l'ex-imprésario Guy Cloutier.

La Commission des libérations conditionnelles juge que l'ex-imprésario ne représente plus un danger pour la société et lui permet de sortir de prison.

Comme seule condition, la Commission lui demande de poursuivre sa thérapie. Les commissaires ont indiqué que cette démarche thérapeutique visait à maintenir ses acquis. Il devra aussi se présenter régulièrement à un agent de libération.

Les commissaires ont aussi suggéré à M. Cloutier de s'impliquer auprès d'organismes de soutien aux agresseurs en faisant des témoignages.

Après avoir fondu en larmes au moment de l'annonce de la décision, Guy Cloutier a semblé soulagé à sa sortie de la salle d'audience. Il peut donc retourner chez lui, et ne sera soumis à aucun couvre-feu.

La première audience, le 12 avril dernier, avait été suspendue à la suite d'une plainte reçue in extremis par la Commission d'une personne alléguant avoir été agressée par Guy Cloutier entre 1974 et 1975.

L'enquête policière déclenchée aussitôt n'a cependant mené à aucune accusation de la part de la Couronne. Guy Cloutier avait dit ne pas connaître la personne en question.

L'ex-impresario a purgé plus du tiers de sa peine de 42 mois, entamée le 20 décembre 2004.

Il assume ses gestes

Pendant l'audience, Guy Cloutier a répondu avec aplomb aux questions des commissaires. Il a dit assumer sa position d'agresseur dans cette affaire. Il a assuré n'avoir aucune attirance pour les enfants, ou « susceptibilité pédophilique », selon le langage employé par les commissaires.

Yves Thériault, expert en libérations conditionnelles Yves Thériault

Sur ce point, l'expert en libérations conditionnelles Yves Thériault, qui a assisté à l'audience, a estimé que M. Cloutier n'avait toujours pas réussi à expliquer les gestes qu'il a commis sur ses victimes.

M. Cloutier a dit entre autres avoir compris que l'argent ne pouvait pas racheter ses actes. Son avocate a ajouté que son client ne représentait plus un danger pour la société.

Il a déclaré qu'il ne serait plus imprésario, mais qu'il prévoyait plutôt travailler comme consultant avec son épouse, s'il était remis en liberté. Il a dit qu'il souhaitait poursuivre sa thérapie.

L'audition se tenait au Centre de détention à sécurité minimale de la montée Saint-François, à Laval, situé à proximité du Centre de formation où l'ex-imprésario a purgé sa peine depuis 19 mois.

Guy Cloutier avait plaidé coupable à des accusations d'agressions sexuelles sur deux personnes mineures. La seule victime connue est la chanteuse Nathalie Simard.

La première partie de l'audience de jeudi s'est d'ailleurs déroulée à huis clos, parce qu'elle portait sur l'autre victime, dont l'identité ne peut être dévoilée, et sur le bilan du séjour de Guy Cloutier en prison présenté par les agents correctionnels.