Le meurtre présumé, la fin de semaine dernière, de deux agresseurs sexuels américains par un citoyen canadien fait renaître une question controversée: doit-on rendre public l'identité des agresseurs sexuels?
Le meurtre en fin de semaine de deux agresseurs sexuels américains par un citoyen canadien fait ressurgir la controverse entourant la diffusion de l'identité de délinquants sexuels.
Les autorités du Maine affirment que le Canadien Stephen Marshall, principal suspect dans l'assassinat de Joseph Gray et de William Elliott, a consulté les fiches des deux victimes à partir du répertoire des délinquants sexuels de l'État, diffusé sur Internet.
Aux États-Unis, le registre des délinquants sexuels est public et fournit les noms, les dossiers criminels et parfois les adresses des individus. Les autorités américaines affirment ainsi protéger le public de criminels dangereux.
Institués en 2004 par la Gendarmerie royale du Canada, les registres canadiens sont soigneusement gardés secrets et sont conçus comme des outils d'enquête à l'intention de la police.
Toutefois, les pressions augmentent pour rendre ces listes accessibles à tous les citoyens. Un député ontarien a déposé un projet de loi en ce sens.
Rappel des faits
Stephen Marshall s'est tué dans un autobus, dimanche soir, après avoir été repéré par des policiers de Boston. Le jeune homme de 20 ans s'est tiré une balle dans la tête avec son pistolet de calibre 45.
Il était recherché pour le meurtre de Joseph Gray, 57 ans, et de William Elliott, 24 ans, résidant dans deux secteurs au nord-ouest de Bangor.
La police du Maine avait alerté les autorités de Boston après avoir retrouvé à Bangor le véhicule utilisé par Marshall. Ils ont aussi trouvé des balles abandonnées dans les toilettes de la gare routière locale. Elle soupçonnait le fugitif de se diriger vers Boston.
Le nom, l'adresse et la photographie des deux hommes figuraient sur la liste des 2200 prédateurs sexuels du Maine. La police a jugé bon de fermer le site web jusqu'à nouvel ordre.
La police ignore si M. Marshall connaissait les deux hommes. Le jeune homme, qui habitait au Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, s'était rendu à Houlton, au Maine, pour rencontrer son père.
Il se déplaçait avec le camion de ce dernier. Avant d'être retrouvé à la gare routière de Bangor, le véhicule a été aperçu lorsqu'il quittait les lieux du meurtre de Corinth, envron cinq heures après un des meurtres.