Après le kirpan, c'est maintenant la question du port du turban sikh qui pourrait se retrouver devant les tribunaux.
Les sikhs sont prêts à retourner devant les tribunaux si les autorités du Port de Montréal continuent à obliger les camionneurs de religion sikhe à porter un casque de sécurité sur les lieux de travail.
Les sikhs de Montréal sont prêts à retourner devant la justice si les autorités du Port de Montréal continuent à obliger les camionneurs de religion sikhe à porter un casque de sécurité sur les lieux de travail.
« Un chapeau dur de sécurité, ils nous demandent de porter ça, explique Charanjit Singh Padda, président du temple Guru Nanak Darbar, à Montréal. Et comme vous savez, on ne peut pas enlever le turban. Alors, c'est ça qui nous donne des problèmes au port. »
La semaine dernière, le jeune Gurbaj Singh Multani remportait sa cause devant la Cour suprême du Canada. Pour des raisons de liberté de religion, le plus haut tribunal du pays lui permettait de porter le kirpan à l'école. La commission scolaire où était inscrit le jeune sikh s'était opposée au port du couteau à l'école pour des raisons de sécurité.
Si la cause est portée devant les tribunaux, la Cour devra donc trancher entre l'obligation d'avoir des lieux de travail sûrs et la liberté de porter des signes religieux.
Des dissensions même en France
Parallèlelement, un sikh qui réclamait le droit de porter le turban sur la photo de son permis de conduire vient d'être débouté par le Conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative française.
Le ministère des Transports de la France exige de poser tête nue sur la photo. Dans sa décision, le Conseil d'État souligne que les articles de la Convention européenne des droits de l'homme relatives à la liberté de religion et au principe de non discrimination prévoient que ces libertés « peuvent faire l'objet de restrictions, notamment dans l'intérêt de la sécurité publique et de la protection de l'ordre ».
Les dispositions contestées visent à limiter les risques de fraude et de falsification, poursuit le jugement.
L'avocat du plaignant plaidait que les sikhs portent le turban à tous moments. « C'est un élément de sa personnalité et la condition de son appartenance à sa communauté », avait-il dit.