Gloria Macapagal-Arroyo

Fille d'un ancien président des Philippines, Gloria Macapagal-Arroyo est la deuxième femme à avoir accédé à la présidence de son pays. Catholique convaincue, elle a placé sa présidence sous le signe de Dieu et des valeurs morales. L'économiste formée aux États-Unis a soulevé des espoirs immenses en arrivant au pouvoir de ce pays miné par la corruption et aux prises avec une crise économique. Mais le bilan de cette politicienne pro-américaine et mère de trois enfants s'est révélé décevant.

Gloria Aroyo   © AFP/Marcelino PASCUA

Née à Manille en 1947, Gloria Macapagal-Arroyo vient d'une famille puissante appartenant à l'élite. Son père, Diosdado Macapagal, reconnu pour son intégrité, a été président de 1961 à 1965. Elle étudie à l'université Georgetown, où elle rencontre l'ex-président américain, Bill Clinton. Elle obtient ensuite un doctorat de l'université des Philippines, puis y enseigne les sciences économiques de 1977 à 1987.

Elle devient par la suite secrétaire d'État au Commerce et à l'Industrie dans le gouvernement de Corazon Aquino. Elle entre au Sénat en 1992, sous la bannière de l'Union nationale des chrétiens-démocrates (Lakas), puis est réélue trois ans plus tard.

En 1998, elle remporte l'élection à la vice-présidence et occupe les portefeuilles des Affaires sociales et du Développement dans le gouvernement de Joseph Estrada. Alors que celui-ci est accusé de corruption, elle démissionne en octobre 2000. Après la destitution de ce dernier, en janvier 2001, elle se hisse à la présidence, avec l'autorisation de la Cour suprême, mais aussi avec le soutien de l'armée, du milieu des affaires et de la très influente Église catholique.

Elle promet alors des réformes économiques et sociales. La moitié de la population vit sous le seuil de la pauvreté: elle fait de ce problème sa priorité. Elle s'engage également à venir à bout de la corruption. Mais elle ne répond pas aux attentes qu'elle a créées. Elle affirme qu'elle ne se présentera pas à la prochaine élection, mais revient sur sa promesse, soutenant qu'elle nécessite un mandat populaire pour mener à bien ses projets.

Après les attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis trouvent en cette dirigeante déjà pro-américaine, adepte de l'ordre public, une fervente alliée dans leur lutte contre le terrorisme, alors que les autorités philippines combattent elles-mêmes le groupe terroriste islamiste Abu Sayyaf. Désireux de créer un état islamique indépendant dans l'ouest du pays, le mouvement recourt à l'extorsion de fonds, aux enlèvements, aux assassinats et aux attentats à la bombe.

Dans l'eau bouillante

Localisation: Asie du Sud-Est
Nature de l'État: république unitaire
Nature du régime: démocratie présidentielle
Chef d'État et de gouvernement: Gloria Arroyo
PIB: 383 milliards $US (2004)
PIB/habitant:
4561 $US
Capitale: Manille
Population: 83 millions (2005)
Âge médian: 22 ans
Religions: catholiques (89,9 %), musulmans (5 %), autres (12,2 %), aucune religion (0,1 %)
Langues officielles: tagalog et anglais
Droit de vote des femmes: 1937

Lors de la campagne électorale de 2004 marquée par des violences qui feront quelque 200 morts, la présidente Arroyo promet notamment la création d'un million d'emplois par an, l'assistance médicale et l'éducation universelle. Ses réformes économiques, peu efficaces, sont éclipsées par les allégations de fraudes électorales.

En juin 2005, la situation dégénère en grave crise politique et fait chuter sa popularité après la diffusion d'enregistrements téléphoniques incriminants entre Gloria Arroyo et un haut responsable de la Commission électorale. Dix de ses ministres quittent le Cabinet, des dizaines de milliers d'opposants descendent dans la rue pendant plusieurs jours pour réclamer sa démission, et l'ex-présidente Aquino joint sa voix à la leur. Dans la même période, des allégations de trafic d'influence et de pots-de-vin entachent la réputation de sa famille. Son mari, José Miguel Arroyo, doit même s'exiler.

Gloria Arroyo s'accroche toutefois au pouvoir. La commission d'enquête qu'elle met sur pied la blanchit et, en septembre 2005, le Parlement renonce à entamer la procédure de destitution. Invoquant une tentative de putsch, à la fin de février 2006, la présidente instaure pendant une semaine l'État d'urgence et des mesures s'apparentant à la loi martiale, une situation qui a été contestée.

Elle se classe 4e au palmarès 2005 des femmes les plus puissantes du monde établi par le magazine Forbes.

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