Helen Clark, première ministre de la Nouvelle-Zélande

Le premier pays à avoir accordé le droit de vote aux femmes a une femme à sa tête: la travailliste Helen Clark, qui a aussi été la première femme à siéger au Parlement néo-zélandais, il y a un quart de siècle.

Helen Clark   © AFP/STR

Née en 1950, elle est l'aînée d'une famille de quatre filles. Elle entreprend des études en politique en 1968, une période au cours de laquelle elle milite contre la guerre au Vietnam, la présence de bases militaires étrangères en Nouvelle-Zélande et l'expérimentation nucléaire dans le Pacifique.

À 21 ans, elle se joint au Parti travailliste. Dix ans plus tard, elle fait son entrée au Parlement, ce qui en fait à ce jour la femme qui y a siégé le plus longtemps. Elle préside le comité des affaires étrangères et de la défense entre 1984 et 1987, alors que le pays se déclare zone libre d'armements nucléaires. En 1986, la Fondation danoise pour la paix récompense son travail en faveur du désarmement. Dans les années subséquentes, elle occupe divers ministères, dont ceux du Travail et de la Santé.

En 1990, la population relègue les travaillistes dans l'opposition, leur préférant le Parti conservateur, qui entreprendra des politiques ultralibérales. Trois ans plus tard, Helen Clark se retrouve à la tête de la formation, au terme d'un combat fratricide.

Localisation: Océanie (Pacifique Sud)
Nature de l'État: unitaire
Nature du régime: démocratie parlementaire
Chef d'État: Élisabeth II
Chef de gouvernement: Helen Clark
PIB: 97 milliards $US (2004)
PIB/habitant: 23 925 $US
Capitale: Wellington
Population: 4 millions (2005)
Âge médian:
34 ans
Groupes ethniques: Européens d'origine (69,8 %), Maoris (7,9 %), Asiatiques (5,7 %), autres (16,5 %)
Religions:
anglicans (14,9 %), catholiques (12,4 %), presbytériens (10,9 %), aucun (26 %), autres (32,5 %)
Langues officielles: anglais et maori
Droit de vote des femmes: 1893
Droit d'être candidate: 1919

À l'élection de 1999, elle se retrouve opposée à la conservatrice Jenny Shipley, qui, dit-on, a tiré les ficelles en coulisse deux ans plus tôt pour forcer la démission du premier ministre Jim Bolger. C'est Helen Clark qui l'emporte, devenant la première ministre élue. Elle se maintient au pouvoir lors des élections de 2002, mais doit s'appuyer sur un gouvernement de coalition.

Au cours de ses deux premiers mandats, son gouvernement va de l'avant avec des mesures progressistes, comme la légalisation de la prostitution. En 2003, la première ministre Clark s'oppose à la guerre en Irak, ce qui soulève des tensions avec les États-Unis, un des principaux partenaires commerciaux du pays.

Elle remporte de justesse l'élection de 2005, son parti recueillant 50 sièges, seulement deux de plus que son principal adversaire, le Parti conservateur, ce qui l'oblige à nouveau à former un gouvernement de coalition.

Dans le palmarès 2005 des femmes les plus puissantes établi par le magazine Forbes, elle se situe au 24e rang.

L'image

Étant une femme célibataire, on ne m'a rien épargné. On m'a accusée d'être lesbienne, de vivre en communauté, d'avoir des amis trotskistes et gais ou encore d'être instable.

Helen Clark a été critiquée pour son apparence. « Le problème en politique, c'est que l'on prête souvent plus d'attention à la manière dont les femmes sont habillées qu'à ce qu'elles disent », déplore-t-elle. Au fil des ans, les observateurs ont d'ailleurs noté un changement d'image.

Ce qui n'a pas empêché ses détracteurs de la critiquer. On lui a reproché son indépendance et le fait de ne pas avoir voulu d'enfants. Un de ses collègues l'a même déjà traitée de « lesbienne stérile ». Devant l'insistance des conseillers de son parti, celle qui voit le mariage comme « un mal nécessaire » a accepté - à reculons - d'épouser son ami Peter Davis, un professeur d'université. Il n'apparaît d'ailleurs à ses côtés que très rarement. « J'ai toujours pensé que le mariage compromettait votre indépendance. Si je n'avais pas fait de politique, je ne me serais pas mariée », admet-elle dans une biographie rédigée par l'un de ses conseillers.

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