Née à Riga en 1937, Vaira Vike-Freiberga a passé l'essentiel de son existence au Canada. Quelques mois après son retour en Lettonie, elle est devenue en 1999, à la grande surprise de ses concitoyens, la présidente du pays.
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AFP/Michel Gangne
Elle est âgée de 8 ans lorsque sa famille quitte la Lettonie pour fuir l'occupation soviétique lors de la Seconde Guerre mondiale. Après un passage en Allemagne et au Maroc, elle arrive à Toronto, en 1954. Elle y étudie en psychologie, puis se marie, avant de déménager à Montréal, où elle obtient son doctorat à l'Université McGill, en 1965.
L'exilée ne rentre dans son pays d'origine qu'en 1998, plusieurs années après le démantèlement de l'Union soviétique, pour diriger le nouvel Institut letton, chargé de faire la promotion de l'image du pays balte à l'étranger.
En juin 1999, alors qu'aucun des favoris ne réussit à rallier le vote des parlementaires au cours des six premiers tours de scrutin, ceux-ci portent leur choix sur cette candidate, inconnue des Lettons et affiliée à aucun parti politique: elle récolte 53 voix sur 100. Elle n'a renoncé à sa citoyenneté canadienne que la veille de son élection. Elle prête serment le 8 juillet pour un mandat de quatre ans, devenant ainsi le deuxième président de la Lettonie depuis l'accession de ce pays balte à l'indépendance, en 1991. Du coup, elle devient aussi la première femme à occuper le siège de chef d'État dans une ancienne République soviétique.
Cette femme qu'on dit persuasive et qui connaît bien le monde, notamment la culture occidentale, parle cinq langues: letton, français‚ anglais‚ allemand et espagnol, et s'est engagée à apprendre le russe, une langue parlée par une importante minorité des Lettons.
Malgré des pouvoirs limités (qui incluent la nomination du premier ministre), le magazine Forbes l'a classée au 48e rang de son palmarès 2005 des femmes les plus puissantes du monde. Devenue immensément populaire, elle a facilement été réélue pour un deuxième mandat, en 2003.
Le regard vers l'Occident
Nous ne sommes pas sentimentaux, mais pragmatiques et réalistes. N'étant pas des infirmes, nous ne réclamons pas un traitement de faveur. Mais un traitement d'égal à égal.
au sujet des négociations avec l'Union européenne, dans Libération (3 octobre 2002)
| Localisation: Europe de l'Est Nature de l'État: république unitaire Nature du régime: démocratie parlementaire Chef d'État: Vaira Vike-Freiberga Chef de gouvernement: Aigars Kalvitis PIB: 27,8 milliards $US (2004) PIB/habitant: 11 845 $US Capitale: Riga Population: 19,8 millions (2005) Âge médian: 39 ans Groupes ethniques: Lettons (57,7 %), Russes (29,6 %), autres (12,7 %) Religions: luthériens, catholiques, russes orthodoxes Langue officielle: letton (58,2 %); autres langues, dont le russe (37,5 %) Droit de vote des femmes: 1918 |
En mars 2004, la Lettonie, comme six autres pays, se joint à l'OTAN, qui avait été formée pour freiner l'expansion des Soviétiques en Europe. « Un moment historique pour le pays et profondément personnel pour madame Freiberga », souligne le journaliste de Radio-Canada Michel Cormier. En novembre 2006, la Lettonie accueillera d'ailleurs le sommet de l'organisation, premier événement politique d'envergure organisé par Riga. Puis, en mai 2004, le pays adhère à l'Union européenne, à l'issue de plusieurs années de négociations ardues.
La Lettonie est aux prises avec d'importantes difficultés économiques, un taux de chômage dépassant les 10 % et de nombreuses crises gouvernementales depuis son indépendance.