Mary McAleese, présidente de l'Irlande

En accédant à la présidence de la République irlandaise, il y a moins de 10 ans, Mary McAleese est devenue la deuxième femme élue à ce poste et la première originaire de la province britannique d'Irlande du Nord.

Mary McAleese   © AFP/Fran Caffrey

Née en 1951 à Belfast, l'aînée de neuf enfants grandit à Ardoyne, une enclave catholique d'un quartier protestant. Avocate diplômée de l'université Queen's, en 1973, elle part pour Dublin pour y enseigner le droit criminel et la criminologie, à 23 ans. Elle s'y fait également connaître comme journaliste.

Gagnante de l'investiture du Fianna Fail (Parti républicain, de centre droit) en vue de l'élection présidentielle, elle perd le scrutin. Elle retourne alors dans la capitale nord-irlandaise, où elle devient la première catholique à être nommée vice-rectrice de l'université Queen's, en 1994. À l'époque, les unionistes l'accusent d'être prorépublicaine, c'est-à-dire pour l'intégration de l'Ulster à la République irlandaise.

Une présidente venue de l'île voisine

Localisation: Europe de l'Ouest
Nature de l'État: république unitaire
Nature du régime: démocratie parlementaire
Chef d'État: Mary McAleese
Chef de gouvernement: Bertie Ahern
PIB: 152,3 milliards $US (2004)
PIB/habitant: 37 663 $US
Capitale: Dublin
Population: 4,1 millions (2005)
Âge médian: 34 ans
Groupes ethniques: Celtes et Anglais
Religions: catholiques (88,4 %), Église d'Irlande (3 %), autres (5,1 %), aucune (3,5 %)
Langues officielles: irlandais et anglais
Droit de vote des femmes: 1918
Droit d'être candidate: 1928
Trois ans plus tard, elle tente de nouveau sa chance à l'élection présidentielle comme candidate du Fianna Fail du premier ministre Bertie Ahern. Même si elle ne réside pas en Irlande, mais plutôt dans l'île voisine, la Constitution, qui ne reconnaît pas la souveraineté britannique sur l'Ulster, lui donne le droit de se présenter... mais pas celui de voter. Plusieurs leaders protestants, mais aussi le dirigeant du Sinn Féin (l'aile politique de l'IRA, en Irlande du Nord), Gerry Adams, lui donnent son appui. Elle bat facilement ses quatre rivaux... dont trois autres femmes.

Elle hérite alors d'un mandat de sept ans à un poste grandement honorifique, mais auquel sa prédécesseure, Mary Robinson, a su donner une influence qu'il n'avait jamais eue.

Conservatrice sur le plan moral, elle est une catholique convaincue qui a d'ailleurs milité pour la cause. Farouche opposante du divorce et de l'avortement, elle est toutefois pour l'ordination des femmes prêtres. Elle s'est toutefois engagée à ne pas se servir de son poste pour faire avancer ses idées, mais s'est donné comme objectif de « construire des ponts » entre les catholiques et les protestants.

Seule candidate à sa succession, elle est réélue en octobre 2004. Selon le magazine Forbes, elle se classait, en 2005, au 21e rang des femmes les plus puissantes du monde.

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