La Suède a beau être un bastion de la social-démocratie, elle n'a pas peur de remettre en question plusieurs dogmes, entre autres au niveau des relations de travail. Ainsi, depuis quelques années les employés du secteur public négocient une partie de leur salaire avec la direction. La rémunération ne varie plus seulement selon l'ancienneté, mais aussi selon la performance. Les directions d'écoles peuvent récompenser les professeurs les plus dynamiques et réduire le salaire de ceux qui sont jugés moins compétents.
Le système dit du « salaire individuel » touche moins de 10 % de la rémunération, et s'applique surtout aux employés professionnels du secteur public. Pour le gouvernement, il s'agit d'une façon de dynamiser des milieux parfois sclérosés et de donner plus d'incitatifs aux jeunes.
Les syndicats, réticents au début, ont fini par accepter le principe. Les professeurs, eux, sont partagés. Si certains apprécient ce contrôle accru sur l'évolution de leurs émoluments, d'autres n'aiment pas la compétition et les jalousies qui se créent entre collègues.
Michel Labrecque s'est rendu dans une école publique d'Åkarp, au sud du pays. Est-ce qu'un tel système serait possible ici? Les explications de Denis Morin, professeur à l'École des sciences de la gestion de l'UQAM.
Reportage diffusé à Sans frontières le lundi 13 février 2006