
MétéoMédia

Le personnel de la chaîne de télévision MétéoMédia, en instance de syndicalisation depuis environ quatre ans, aurait fait l'objet d'espionnage de la part de son employeur, une pratique illégale.
Selon Le Soleil, l'entreprise ontarienne Pelmorex Communications, propriétaire de MétéoMédia, a fait épier ses employés par une firme privée. L'entreprise les aurait soumis à un régime d'intimidation semblable à celui imposé aux employés de Wal-Mart de l'arrondissement Jonquière, à Saguenay.
En novembre, après une longue bataille, huit des 90 employés de Météomédia ont été congédiés, décapitant du coup le bureau syndical. Parmi les congédiés, on compte en effet le président du syndicat Louis de Belleval, son vice-président, le chef de la mobilisation syndicale, une présentatrice membre de l'ancien bureau syndical de direction et une réalisatrice.
L'employeur a justifié ces congédiements par des raisons économiques. En outre, une réalisatrice, membre du comité de négociations, aurait été forcée d'accepter un quart de travail incompatible avec sa vie de famille; elle serait actuellement en congé de maladie.
En entrevue au Soleil, M. de Belleval souligne que trois jours avant son congédiement, il venait d'obtenir un congé de maladie pour soigner un épuisement professionnel, dû à la bataille qu'il a menée de front ces dernières années.
Le présentateur, qui comptait 17 années d'expérience à l'écran, soutient que les employés de MétéoMédia vivent dans un véritable « climat de terreur », des propos corroborés par d'autres employés, qui ont tous requis l'anonymat.
« Depuis que le syndicat a été accrédité, le taux de roulement a été de 100 %, a-t-il ajouté dans un entretien à La Presse. On ne voit même pas un tel taux de roulement chez McDonald's ou Burger King. »
« Il nous a fallu quatre ans pour mettre sur pied notre syndicat, et tout a été fait pour nous intimider et nous mettre des bâtons dans les roues », a renchéri le réalisateur Luc Trottier, le chef de la mobilisation syndicale congédié.
De son côté, MétéoMédia s'est refusé à tout commentaire, estimant que le dossier relève de la gestion interne.
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