
Protocole de Kyoto

Quelque 40 000 personnes ont bravé le froid, samedi, pour participer à la Marche mondiale pour le climat qui s'est tenue à Montréal, en marge de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques.
Les manifestants veulent inciter les gouvernements du monde, et en particulier celui des États-Unis, à augmenter leurs efforts de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le cadre du protocole de Kyoto.
La marche s'est ébranlée du métro Papineau, à l'est de la ville, et du Square Dorchester, à l'ouest, en début d'après-midi. Les deux groupes de manifestants ont déambulé dans une atmosphère bon enfant le long la rue Sainte-Catherine, avant de se rencontrer devant le complexe Guy-Favreau, non loin du Palais des congrès où se tient la Conférence de l'ONU.
Plusieurs personnalités du monde politique et syndical ont pris part à l'événement, dont Stéphane Dion, ministre fédéral de l'Environnement et président la Conférence de Montréal. « Nous devons améliorer Kyoto », a-t-il affirmé au sujet des négociations prévues la semaine prochaine.
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, était également présent.

« Le Québec pays serait mieux placé que le Québec province pour atteindre le 6 % », a-t-il dit en référence à l'objectif canadien de réduction des GES fixé par le protocole de Kyoto. Selon lui, le choix de l'hydro-électricité et de l'éolien place le Québec en bonne position à ce chapitre.
Le chef du Parti québécois, André Boisclair, et le ministre de l'Environnement du Québec, Thomas Muclair, ont aussi marché dans la foule.
Des Inuits se sont aussi rendus à Montréal pour participer à la marche. L'Arctique a vu sa glace fondre du tiers depuis 30 ans et l'adaptation des différentes communautés inuites aux changements climatiques commence déjà à être difficile, selon les membres de la délégation.
Les groupes environnementalistes ont remis une pétition signée par 600 000 Américains au consulat des États-Unis à Montréal pour demander à Washington de réduire ses émissions de GES.
Les États-Unis, qui ne sont pas signataires du protocole de Kyoto, sont responsables de près d'un quart des émissions mondiales de GES.
Manifestations dans une trentaine de pays

Tout au long de la journée de samedi, des manifestations similaires se déroulent dans une trentaine de pays, dont le Japon, le Bangladesh, le Brésil, l'Australie, les États-Unis, l'Allemagne, la Grande-Bretagne et la France.
À Londres, entre 4300 et 10 000 manifestants ont défilé jusqu'à l'ambassade des États-Unis.
Des milliers de personnes se sont aussi mobilisées dans les grandes villes d'Australie, un pays qui a lui aussi renoncé à ratifier le protocole de Kyoto.