Les éoliennes fauchent les chauves-souris par milliers

La chauve-souris rousse La chauve-souris rousse  Photo :  François Fabianek

Une nouvelle étude conclut que plus de 600 000 chauves-souris sont probablement mortes à cause d'éoliennes aux États-Unis en 2012.

L'étude, publiée dans la dernière édition de la revue américaine BioScience, en vient à cette estimation par le biais de techniques statistiques poussées appliquées au nombre de chauves-souris mortes retrouvées dans 21 parcs d'éoliennes.

Les chauves-souris jouent un rôle important mais méconnu dans l'écosystème en tant que prédateurs d'insectes et pollinisateurs de certaines plantes.

Les éoliennes sont fatales pour ces mammifères, non seulement à cause des collisions avec les pales, mais surtout à cause de « barotraumatismes », c'est-à-dire des variations de pression atmosphérique causées par le déplacement des pales qui font exploser les poumons de ces petits mammifères volants lorsqu'ils s'en approchent.

Selon le chercheur Mark Hayes, de l'Université du Colorado, le chiffre de 600 000 est une estimation prudente et pourrait en fait atteindre près de 900 000.

Les données colligées par M. Hayes suggèrent que certaines parties des États-Unis pourraient avoir des taux de mortalité plus élevés que d'autres. La région des Appalaches présentait le taux de mortalité le plus fort dans son étude.

Les conséquences de cette mortalité sont difficiles à évaluer, car l'importance des populations de chauves-souris est mal documentée. Cependant, on sait que ces populations sont déjà gravement menacées par le syndrome du museau blanc, au point où le ministère de l'Environnement et de la Faune a lancé l'été dernier un appel à la population afin de l'aider à localiser des colonies.

Le syndrome du museau blanc a jusqu'ici causé la mort d'environ 5,7 à 6,7 millions de chauves-souris dans l'est du continent, soit dans 22 États américains et 5 provinces canadiennes. Au Québec, plusieurs mines et grottes qui abritaient des populations de milliers de chauves-souris durant l'hiver ont été touchées. Aujourd'hui, on compte généralement moins d'une trentaine de chauves-souris par site et, dans certains cas, elles ont même toutes disparu.

Le problème de la mortalité des chauves-souris autour des éoliennes est connu depuis plusieurs années. Une société française, Biotope, a mis au point un programme d'interruption à distance des éoliennes en période de forte activité des chauves-souris, qui réussit apparemment à réduire jusqu'à 74 % la mortalité chez ces chiroptères, avec un impact minime sur la production d'électricité.

Le système a été implanté dans plusieurs parcs éoliens en France.

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