Quand l'herpès permet de refaire le parcours de l'humanité

L'Afrique  Photo :  NASA

L'analyse du code génétique complet d'un virus humain commun tend à confirmer la théorie déjà largement documentée que la colonisation humaine de la planète s'est faite à partir de l'Afrique.

Le virus en question est l'herpès (HSV-1), qui provoque habituellement des boutons groupés autour de la bouche.

La migration humaine  Photo :  Aaron W. Kolb, Cécile Ané, Curtis R. Brandt

Le Pr Curtis Brandt, de l'Université de Washington, et ses collègues Aaron Kolb et Cécile Ané ont comparé 31 souches de ce virus recueillies en Amérique du Nord, en Europe, en Afrique et en Asie.

L'analyse des souches virales montre exactement ce que les scientifiques prédisaient en fonction du séquençage du génome humain : les groupes ethniques africains se regroupent, les Asiatiques également, alors que les Européens et les Américains sont similaires à une exception près.

« Ce que nous avons constaté confirme ce que les anthropologues et les généticiens moléculaires affirment à propos de la provenance des humains et comment ils se sont propagés sur la planète. » — Pr Curtis Brandt

Les généticiens établissent les liens entre les organismes en étudiant les changements dans la séquence de base, ou des « lettres » dans les gènes.

Ainsi, en connaissant la rapidité avec laquelle un changement est intervenu dans un génome, ils peuvent construire un « arbre généalogique » qui montre quand des variations particulières ont leur dernier ancêtre commun.

Les études des génomes humains ont montré que nos ancêtres ont émergé de l'Afrique il y a environ 150 000 à 200 000 ans, pour migrer par l'est vers l'Asie et par l'ouest vers l'Europe.

Dans la présente étude, les chercheurs ont brisé le génome du HSV-1 en 26 morceaux, ce qui a permis de recréer les arbres généalogiques de chacune des pièces pour ensuite combiner chacun des arbres dans une arborescence retraçant l'ensemble du génome.

Cette méthode a permis de détecter certaines subtilités dans la migration. Par exemple, tous les échantillons américains correspondaient aux souches européennes, sauf une souche isolée au Texas qui avait des caractéristiques asiatiques. Les chercheurs pensent qu'elle pourrait appartenir à une personne dont les ancêtres seraient venus de l'Asie par un pont de terre situé au détroit de Béring, il y a environ 15 000 ans.

Les nouvelles technologies disponibles permettent donc de comparer simultanément les génomes entiers de virus apparentés. Elles pourraient également être utiles pour explorer pourquoi certaines souches sont beaucoup plus meurtrières que d'autres. Par exemple, dans un petit pourcentage de cas, le HSV-1 peut provoquer une infection cérébrale mortelle.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue PLoS ONE.

Le saviez-vous?

En mars 2012, une étude de l'ADN des populations de chasseurs-cueilleurs en Afrique indiquait que le sud du continent était le berceau de l'homme moderne, et non pas l'est de l'Afrique, comme le veut la théorie généralement acceptée par la communauté scientifique.

Ailleurs sur le web Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes.

info en continu

Facebook