La restriction calorique, alliée de la chimiothérapie?

Du spaghetti  Photo :  iStockphoto

Il est bien établi en médecine qu'un régime pauvre en sucre et en graisse diminue le risque de cancer, alors que l'obésité l'accroît.

Des travaux réalisés par des chercheurs français montrent maintenant que réduire ses apports alimentaires en cas de cancer modifie l'expression de gènes impliqués dans le développement de la maladie.

Mieux, le Dr Jean-Ehrland Ricci et ses collègues du Centre méditerranéen de médecine moléculaire de Nice, en France, pensent que cette réduction pourrait même augmenter l'efficacité de certains traitements antitumoraux.

Leur recherche a été menée sur des souris atteintes de lymphomes soumises à un régime hypocalorique sur une période d'une vingtaine de jours.

L'expérience

Les repas quotidiens des rongeurs ont été amputés de 25 % de leurs apports énergétiques totaux.

Dans un premier temps, les chercheurs ont observé l'expression de gènes de la famille Bcl-2, des oncogènes impliqués dans la survenue de nombreux cancers, notamment dans celle des lymphomes.

Constat : la restriction calorique a réduit de près de 40 % l'expression de l'un de ces oncogènes, Mcl-1, dans les cellules tumorales.

Ensuite, l'équipe de recherche a administré un traitement anticancéreux peu efficace en cas de surexpression de Mcl-1 (la molécule ABT 737).

Les résultats sont clairs : la baisse partielle d'expression de Mcl-1 chez les souris en restriction calorique a vu le médicament devenir plus efficace.

Ainsi, l'espérance de vie médiane est passée de 30 jours dans le groupe de souris témoins, sans régime particulier, à 41 jours.

« Ces résultats indiquent que la restriction calorique module l'expression d'un oncogène et que cela permet d'accroître l'efficacité d'un médicament qui n'est pas actif contre cet oncogène. » — Jean-Ehrland Ricci

Un bémol

La restriction calorique n'est pas recommandée chez les patients cancéreux puisqu'elle les affaiblit et qu'elle a d'autres répercussions. Les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Blood veulent savoir s'il n'existe pas une fenêtre thérapeutique pour cette restriction. Par exemple, un régime hypocalorique limité à quelques jours avant une chimiothérapie pourrait donner des résultats similaires sans nuire à la forme des patients.

D'autres travaux sont donc nécessaires pour établir le moment opportun, mais aussi pour vérifier si le simple fait de diminuer les apports en sucres ou en graisses serait suffisant.

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