Hépatite C chronique : un pas vers la guérison

Radio-Canada avec Agence France-Presse
Représentation 3D du virus de l'hépatite C Représentation 3D du virus de l'hépatite C  Photo :  iStockphoto

La combinaison d'un antiviral et d'un médicament expérimental s'est montrée efficace pour traiter des personnes atteintes d'hépatite C chronique, montrent des travaux réalisés aux États-Unis.

Le traitement, au stade d'essai clinique de phase 2, combine l'antiviral ribavirine et le sofosbuvir, une molécule expérimentale développée par le laboratoire américain Gilead.

Prise oralement pendant six mois, cette combinaison a permis d'obtenir un taux de guérison de 70 %. Mieux encore, il a été bien toléré par les participants.

Ce qu'il faut savoir sur l'hépatite C

  • Il n'existe actuellement aucun vaccin contre le virus de l'hépatite C qui se transmet essentiellement par voie sanguine.
  • Pas moins de 250 000 Canadiens en seraient atteints, mais plusieurs d'entre eux ne le savent pas.
  • Environ 75 % des personnes infectées développent une infection chronique et 25 % se débarrasseront de l'infection d'eux-mêmes.
  • Les personnes atteintes d'hépatite C n'ont pas de symptômes. Ainsi, elles peuvent vivre avec une infection jusqu'à 20 ou 30 ans sans être malades. Lorsque les symptômes apparaissent durant le stade tardif de l'infection, ils s'accompagnent de lésions graves au foie.
  • Actuellement, les traitements peuvent durer un an et nécessitent des injections hebdomadaires d'interféron alpha combiné à l'antiviral ribavirine , en plus d'un autre médicament. Ils sont accompagnés d'effets secondaires qui peuvent être sévères comme la dépression, des symptômes grippaux ou de l'anémie.
  • Le virus de l'hépatite C est directement impliqué dans la transformation de cellules saines du foie en cellules cancéreuses du foie.

L'étude

Soixante volontaires ont participé à cette étude. Tous étaient infectés avec le génotype 1 du virus de l'hépatite C qui répond moins bien au traitement à base d'interféron, et 50 étaient des Noirs, beaucoup plus affectés par cette infection et qui connaissent un taux de guérison plus faible que les Blancs.

Cette étude clinique sur l'hépatite chronique C diffère aussi des précédentes, car elle comprenait des participants avec un foie très endommagé et d'autres avec des lésions de cet organe moins avancées.

Résultats : vingt-quatre semaines après la fin du traitement, le virus était indétectable chez environ 70 % des participants, ce qui est considéré comme une guérison, vu que cet agent pathogène ne s'intègre pas dans l'ADN humain.

« Ce résultat est encourageant, d'autant qu'une forte proportion des volontaires avait un profil qui les fait mal répondre au traitement existant, comme le fait d'être un homme, d'être infecté par un virus de génotype 1, d'être Noir et d'avoir un foie très endommagé. » — Dr Shyam Kottilil Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses

Le détail de ces travaux est publié dans le JAMA (Journal of the American Medical Association).

Le saviez-vous?

En août 2011, une équipe française annonçait qu'elle travaillait à la mise au point d'une nouvelle stratégie de lutte contre le virus de l'hépatite C . Le chercheur David Klatzmann et ses collègues de l'Université Pierre et Marie Curie ont mis au point une technologie qui a recours à l'utilisation de pseudoparticules virales. Ces structures, complètement artificielles, ressemblent aux particules virales, mais ne sont pas dangereuses. En effet, elles ne contiennent pas de matériel génétique et ne permettent pas au virus de se multiplier.