Cancer du sein : la progression des métastases mieux comprise

Une tumeur cancéreuse  Photo :  iStockphoto

Une autre percée québécoise dans la lutte contre le cancer du sein. Après l'annonce, fin mars, de l'identification de 49 nouvelles variations génétiques impliquées dans le risque de développer ce cancer, des chercheurs de l'Université de Montréal affirment aujourd'hui avoir trouvé une cible potentielle pour freiner la progression des métastases.

Ces tumeurs secondaires sont considérées comme la principale cause de décès chez les personnes atteintes du cancer du sein. En fait, elles sont responsables de 90 % des décès de personnes atteintes du cancer.

Le Pr Jean-François Côté et ses collègues de la Faculté de médecine estiment leur découverte importante dans la compréhension des mécanismes moléculaires et cellulaires à la base de ce processus néfaste.

« Malgré les percées importantes dans le traitement du cancer du sein, peu de mécanismes sont connus pour expliquer la progression des métastases. Nous cherchons donc à identifier les protéines qui régulent le processus de métastase afin que de nouveaux agents puissent être développés et combinés aux traitements actuels. » — Pr Jean-François Côté
Benjamin Haibe-Kains, Mélanie Laurin, Jean-François Côté, Ariane Pelletier Les chercheurs: Benjamin Haibe-Kains, Mélanie Laurin, Jean-François Côté, Ariane Pelletier  Photo :  Université de Montréal

La découverte

La médecine savait déjà que deux principaux sous-types de cancer du sein (HER2+ et les Basal) ont tendance à être métastatiques et récurrents et sont associés à un faible taux de survie.

L'équipe montréalaise s'est concentrée sur le HER2+ chez la souris qui représente environ 25 % des cas de cancer du sein chez l'humain.

Elle a identifié la protéine DOCK1 comme étant un régulateur important des métastases.

Ainsi, lorsque cette protéine est éliminée chez les souris, les chercheurs ont observé une nette diminution des métastases aux poumons.

« Nous avons aussi découvert que la protéine DOCK1 contribue à la croissance des tumeurs. » — Mélanie Laurin

Pour établir une corrélation entre cette protéine et le pronostic du cancer du sein, les chercheurs ont réalisé une analyse de plusieurs bases de données d'expression génique de patientes. Constat : une présence élevée de DOCK1 chez les personnes atteintes des cancers du sein HER2+ ou Basal est associée à un plus faible pronostic, soit la réapparition de la maladie.

Ces travaux ont permis de définir une nouvelle molécule essentielle à la progression du cancer du sein jusqu'au stade de la métastase. Ils ont aussi permis d'identifier d'autres marqueurs qui pourraient devenir des cibles potentielles pour bloquer la progression des métastases.

« Ces résultats pourraient éventuellement mener au développement de médicaments qui limiteraient la propagation des cancers du sein métastatiques et qui pourraient ainsi améliorer le pronostic des personnes atteintes. » — Pr Jean-François Côté

Le détail de ces travaux est publié dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

L'image d'un sein  Photo :  iStockphoto
Le cancer du sein au Canada

Statistique Canada estime à 22 700 le nombre de femmes qui ont reçu un diagnostic de cancer du sein et à 5100 le nombre de celles qui en sont mortes en 2012. L'agence fédérale estime également que 200 hommes ont reçu un diagnostic de cancer du sein et que 55 en sont morts. 

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