L'homme de Florès a rapetissé pour survivre

Reconstitution d'une femelle Homo floresiensis Reconstitution d'une femelle Homo floresiensis  Photo :  Musée d'Australie

Les « petits hommes » qui habitaient l'île indonésienne de Florès il y a 12 000 ans auraient rapetissé pour mieux survivre dans un environnement aux ressources limitées, affirment des anthropologues japonais.

L'origine et l'anatomie de ces hommes surnommés « Hobbits », comme les personnages du roman Le Seigneur des anneaux de Tolkien, sont sujettes à de vives discussions depuis la découverte des premiers fossiles en 2003.

Dès 2007, la thèse selon laquelle la petite taille des squelettes était celle d'individus frappés de nanisme insulaire a commencé à se démarquer. Il restait à la confirmer et à l'expliquer.

Contexte

  • Un premier squelette est mis au jour en septembre 2003. Ses découvreurs australiens l'ont étudié sur une période de trois mois avant d'en faire l'annonce.
  • La découverte des hommes de Florès est rendue publique dans deux articles publiés en 2004 dans la revue Nature.
  • Depuis, les anthropologues ne s'entendent pas sur sa place dans l'arbre de l'évolution. Certains affirmaient que ses caractères anatomiques le font descendre directement d'Homo habilis, alors que d'autres, d'Homo erectus. Si Homo habilis possédait un cerveau réduit, rien ne prouve à ce jour que ce primate africain n'ait jamais posé le pied en Asie.
  • Une troisième hypothèse voulait que la microcéphalie de l'homme de Florès soit le résultat d'une maladie neurologique, le crétinisme, causée par une carence liée à un régime alimentaire trop pauvre en iode. Petit cerveau peut-être, mais pas crétins au point de ne pas savoir chasser, faire du feu et utiliser des outils de pierre pour dépecer leurs proies, rétorquent les adversaires de cette théorie.

Alors, d'où vient donc l'Homo floresiensis? Est-il une espèce distincte ou le descendant d'autres hominidés, et lesquels?


La théorie japonaise : l'adaptation par le nanisme

Selon des chercheurs japonais, l'homme de Florès serait un pur produit de l'évolution localisée. Le Dr Yousuke Kaifu et ses collègues du musée national de la nature et de la science de Tokyo expliquent qu'il serait un descendant perdu d'Homo erectus qui aurait progressivement rapetissé au fil des générations pour adapter ses besoins à des ressources peu abondantes.

Le nanisme insulaire est d'ailleurs déjà bien connu chez les animaux, particulièrement dans cette région du globe. Grâce à des restes trouvés dans une caverne, les chercheurs savent que l'homme de Florès chassait et consommait des éléphants pygmées qui étaient certainement passés par le même phénomène d'évolution.

« Il est possible qu'un Homo erectus de Java ait migré sur une île isolée et évolué en Homo floresiensis en raison d'un nanisme insulaire marqué. » — Yousuke Kaifu

La taille réduite du cerveau des petits hommes serait donc uniquement liée à une adaptation acquise au fil des millénaires.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Proceedings of the Royal Society B.

Le cerveau d'un homme de Florès et celui d'un homme moderne. Le cerveau d'un homme de Florès et celui d'un homme moderne.  Photo :  AFP
D'un cerveau à l'autre

Homme de Florès : 426 centimètres cubes
Homo erectus : 860 centimètres cubes
Homme moderne : 1300 centimètres cubes

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