Un virus modifié prolonge la vie de cancéreux

Radio-Canada avec Agence France-Presse
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Un virus modifié créé pour cibler des cellules cancéreuses a permis de prolonger substantiellement la vie de personnes atteintes d'un cancer du foie au stade terminal, montre une étude américaine.

Le Dr David Kirn et ses collègues de l'entreprise de biothérapie Jennerex ont administré le virus spécialement conçu pour cibler les cellules cancéreuses à 30 personnes atteintes d'un carcinome hépatocellulaire.

Celles qui avaient reçu les doses les plus élevées du virus Pexa-Vec (ou JX-594) ont survécu 14,1 mois en moyenne, contre 6,7 mois pour celles qui avaient reçu des doses plus faibles.

« C'est la première fois dans l'histoire de la médecine que nous avons pu montrer qu'un virus issu du génie génétique pouvait améliorer la survie de patients atteints du cancer. » — David Kirn

Le virus a été testé lors d'un essai clinique qui a duré quatre semaines, et il peut être administré par intraveineuses.

« En dépit de percées dans le traitement du cancer au cours des 30 dernières années, notamment grâce à la chimiothérapie, la majorité des tumeurs solides restent incurables une fois qu'elles produisent des métastases. » — David Kirn

Le JX-594 a été fabriqué à partir du virus de la vaccine, utilisé depuis des décennies comme un vaccin, notamment contre la variole. Il permet de multiplier et de détruire les cellules cancéreuses, tout en renforçant le système immunitaire du patient.

Selon les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Nature Medecine, les effets secondaires du traitement sont de courte durée, transitoires et gérables, et s'apparentent aux symptômes d'une grippe.

D'autres recherches doivent maintenant être effectuées pour confirmer ces premiers résultats. Une étude avec 120 patients est déjà en cours. Elle pourrait confirmer ces données pour d'autres types de cancer, comme ceux du côlon, des reins, des poumons et de la peau.

Contexte
La virothérapie est une arme testée depuis une quinzaine d'années pour combattre le cancer. Chez les souris, cela fonctionne très bien. Les chercheurs sont capables de les guérir. Depuis quelques années, la technique est testée chez l'humain, et les essais cliniques sont très encourageants.

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