Surprise dans l'embryon

Un foetus  Photo :  iStockphoto

Il est bien connu en médecine que le développement d'un foetus présente de nombreuses particularités sur le plan biologique.

La chercheuse Maria-Elena Torres-Padilla et ses collègues de l'Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire d'Illkirch, en France, ont annoncé la découverte d'un état de l'ADN inhabituel observé uniquement aux premiers jours du développement embryonnaire. Cet état s'accompagne de l'activation de séquences génétiques d'origine virale généralement éteintes.

Embryons aux stades 2 (en haut) et 8 cellules (en bas). En rose et vert les rétrotransposons qui sont activés Embryons aux stades 2 (en haut) et 8 cellules (en bas). En rose et vert les rétrotransposons qui sont activés  Photo :  Anas Fadloun & Maria-Elena Torres-Padilla
Le saviez-vous? Environ la moitié du génome humain est composé de séquences d'ADN inactives. Parmi elles se trouvent des séquences ancestrales d'origine virale appelées rétrotransposons endogènes.

La présente étude montre que ces séquences sont actives lors des premières étapes du développement embryonnaire.

Cette réalité ne serait pas sans conséquence, selon les chercheurs, puisque cela permettrait aux rétrotransposons activés de se multiplier, de se déplacer et de s'insérer dans différents endroits du génome. Le phénomène pourrait compromettre l'intégrité du patrimoine génétique de l'embryon et serait peut-être à l'origine de cancers ou de défauts d'implantation de l'embryon pendant la grossesse.

Un état atypique de l'ADN

Madame Torres-Padilla et son équipe sont parvenues à cette découverte en étudiant la structure de l'ADN dans des cellules embryonnaires. C'est à ce moment qu'ils ont mis en évidence cet état inhabituel de l'ADN qui permet l'expression de séquences qui sont le plus souvent totalement inactives.

Ce phénomène est de courte durée et se termine dès que l'embryon est implanté dans la muqueuse utérine.

Un nouvel éclairage

Ces travaux, dont le détail est publié dans la revue Nature Structural & Molecular Biology, apportent de nouveaux éclairages sur la régulation de l'expression des gènes lors des premiers stades embryonnaires.

Cette nouvelle pourrait permettre d'expliquer le développement de certaines tumeurs et de certains problèmes concernant la fertilité.

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