Le cerveau des sportifs d'élite lance et compte

Un baton de hockey  Photo :  iStockphoto

De nouvelles observations laissent à penser que les sportifs d'élite possèdent des capacités cognitives particulières à leur rendement de calibre supérieur.

Le Pr Jocelyn Faubert et ses collègues de l'École d'optométrie de l'Université de Montréal ont observé le cerveau de 308 personnes pour constater que les athlètes professionnels et les athlètes amateurs de haut niveau ont des fonctions cognitives mieux développées que la moyenne des étudiants de niveau universitaire.

Les participants comprenaient 102 joueurs de hockey de la LNH, des joueurs de soccer de la Premier League anglaise et des joueurs de rugby Top 14 en France. Également, 173 athlètes amateurs de haut niveau et 33 étudiants universitaires qui ne sont pas des athlètes ont participé à la recherche.

Selon les chercheurs, ces travaux montrent une conséquence possible de l'épaisseur accrue du cortex que l'on a observée dans des parties du cerveau des athlètes entraînés.

L'étude

Les auteurs de ces travaux publiés dans les Scientific Reports de la revue Nature ont demandé aux participants de décrire des scènes simulées situées dans trois dimensions, et ce, à 15 reprises. Cet exercice a permis d'évaluer plusieurs habiletés jugées essentielles aux capacités visuelles, perceptives et cognitives dans la visualisation de scènes complexes, comme :

  • la répartition de l'attention entre un nombre de cibles en mouvement parmi des éléments distracteurs
  • un champ de vision élargi
  • la vitesse maximale des objets qu'une personne est en mesure de suivre
  • la capacité de perception de la profondeur

Les exigences cognitives permettent d'interpréter correctement les scènes abstraites en mouvement qui s'apparentent à des situations telles que conduire une voiture, traverser la rue, mais aussi, s'adonner à un sport.

« Même si le contexte n'avait rien à voir avec quelque sport que ce soit, nous avons constaté que les athlètes professionnels étaient en mesure de traiter les scènes visuelles beaucoup mieux que les athlètes amateurs, qui à leur tour ont mieux réussi que les étudiants. [...] Il semblerait que les athlètes soient en mesure de concentrer avec beaucoup d'acuité leur attention afin d'améliorer leurs capacités d'apprentissage, ce qui constitue la clé de leurs aptitudes. » — Pr Jocelyn Faubert

Plus concrètement, les résultats montrent que les athlètes professionnels étaient en mesure d'apprendre à un rythme nettement supérieur comment suivre des objets se déplaçant rapidement, bien que les trois groupes aient amélioré leurs résultats tout au long des 15 séances de formation.

Il reste à déterminer si cette capacité d'apprentissage est innée et leur a permis d'être sélectionnés par leur équipe, ou si elle a été acquise par l'entraînement.

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