Un médicament encore plus intelligent

Modèle 3D, réalisé à partir d'images de microscopie électronique, d'une vésicule de 100nm contenant des nanoparticules (petites sphères) à l'intérieur de la membrane. Modèle 3D, réalisé à partir d'images de microscopie électronique, d'une vésicule de 100nm contenant des nanoparticules (petites sphères) à l'intérieur de la membrane.  Photo :  Institut Adolphe Merkle

La médecine a franchi un pas de plus vers le transport et le largage d'un médicament dans un endroit spécifique du corps à un moment voulu.

Des chercheurs suisses de l'Université de Fribourg et des Hôpitaux universitaires genevois ont réussi à contrôler la libération d'un principe actif à l'aide d'un nanovéhicule magnétique.

Ce nanovecteur est une vésicule artificielle d'un diamètre de 100 à 200 nanomètres (cent fois plus petit qu'une cellule) qui renferme une charge médicamenteuse.

Cette percée serait particulièrement intéressante dans le traitement de certaines maladies comme le cancer, qui nécessitent la livraison de médicaments toxiques.
Lors d'une chimiothérapie par exemple, les anticancéreux ont pour objectif de détruire les cellules malsaines, mais ces médicaments s'attaquent aussi aux cellules saines.
Les effets secondaires causés par de tels traitements seraient grandement diminués par l'arrivée d'un traitement capable de libérer le médicament uniquement dans la région ciblée.

Des molécules particulières avaient déjà été attachées à la surface de vésicules pour cibler les cellules malignes et cacher le nanovecteur au système immunitaire, qui le considérerait autrement comme un corps étranger à éliminer.

Il ne restait qu'à trouver un moyen de percer la membrane au moment voulu.

Le chercheur Heinrich Hofmann et ses collègues ont trouvé un mécanisme capable d'ouvrir la membrane sur commande.

Ils y ont intégré des nanoparticules spécifiques d'oxyde de fer qui ne deviennent magnétiques qu'en présence d'un champ magnétique externe. En présence de ce champ, les nanoparticules s'échauffent si bien que la membrane devient perméable et libère le médicament.

Pour le moment, M. Hofmann et son équipe ont démontré la faisabilité d'un tel nanovéhicule en parvenant à libérer de manière contrôlée un colorant contenu dans les vésicules.

« Nous pouvons ici vraiment parler de nanomédecine, car nous exploitons un effet quantique, le superparamagnétisme, qui n'existe que dans le monde nano. » — Heinrich Hofmann, Hôpitaux universitaires genevois

Un simple examen d'imagerie par résonnance magnétique permet de suivre les nanocapsules et de n'activer le traitement qu'une fois qu'elles ont bien atteint leur cible.

Les chercheurs doivent maintenant mieux comprendre l'intégration des nanocapsules dans la membrane des vésicules avant de pouvoir pratiquer des tests in vivo.

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