Les doigts fripés dans l'eau : une adaptation de la nature

Radio-Canada avec Agence France-Presse
Des doigts fripés  Photo :  Université de Newcastle

Le fait que les doigts se rident sous l'effet prolongé de l'eau n'est pas dû au hasard. Des chercheurs britanniques ont démontré que ce phénomène serait en fait une adaptation naturelle pour permettre une meilleure prise de la main sur des objets humides.

Le biologiste Tom Smulders de l'Université de Newcastle affirme que, après cette transformation, les doigts fonctionnent un peu comme les sillons des pneus de voiture qui permettent que la surface en contact avec la route soit plus grande, donnant ainsi une meilleure adhérence.

Les biologistes ont longtemps cru que ce processus était dû au fait que l'eau passait sous la peau et la faisait gonfler, mais ils pensent maintenant qu'il s'agit d'une action commandée par le système nerveux et causée par la contraction des vaisseaux sanguins.

« Lorsque le corps se rend compte que les doigts sont restés mouillés pendant un certain temps, le système nerveux rend les vaisseaux sanguins plus fins sur le bout des doigts. Le volume de ces derniers diminue, mais comme la taille de la peau reste la même, elle se plisse. » — Tom Smulders, Université de Newcastle

L'implication du système nerveux central signifie que le plissement a une fonction spécifique, ce que l'équipe britannique a voulu vérifier. Elle a donc demandé à des participants d'attraper des billes de différentes tailles, d'abord avec les mains sèches puis après les avoir plongées durant 30 minutes dans de l'eau chaude.

Le résultat est clair : les participants saisissaient plus rapidement les billes mouillées lorsque leurs doigts étaient ridés, mais aucune différence notable n'a été enregistrée lorsqu'il s'agissait d'objets secs.

Les chercheurs estiment que cette adaptation au cours de l'évolution peut avoir permis à nos ancêtres de récolter de la nourriture dans des cours d'eau ou des végétaux humides. Elle concerne aussi la locomotion, puisqu'elle permet une meilleure adhérence des orteils sur les surfaces humides.

« Cela pourrait remonter à l'un de nos ancêtres, un primate qui marchait à quatre pattes. » — Tom Smulders

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Biology Letters.

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