Quelques bourrelets feraient vivre plus longtemps

Radio-Canada avec Agence France-Presse
Un pèse-personne Un pèse-personne  Photo :  iStockPhoto

Des personnes en surpoids et légèrement obèses vivent plus longtemps que les personnes affichant un poids normal, selon une analyse parue dans le Journal of the Medical American Association (JAMA).

L'analyse publiée fait la synthèse de 97 études couvrant 3 millions d'individus dans le monde. Elle démontre que les individus vivant avec un surplus de poids, c'est-à-dire affichant un indice de masse corporelle (IMC) de 25 à 29,9, ont un risque de décès de 6 % inférieur à ceux montrant un poids normal (IMC de 18,5 à 24,9).

Pour les personnes souffrant d'une obésité modérée (IMC de 30 à 34,9), le risque de décès est de 5 % inférieur à celui de personnes à la masse corporelle normale.

L'indice de masse corporelle (IMC) est le résultat du calcul du poids divisé par la taille au carré.

Bien qu'une obésité modérée et un surpoids confèrent un avantage sur la longévité, les obèses, dont l'IMC dépasse 35, encourent un risque 29 % plus élevé de mourir que les gens à l'IMC normal.

Les chercheurs avancent plusieurs hypothèses pour expliquer le paradoxe illustré par l'analyse, dont un possible effet bénéfique des plus grandes réserves d'énergies dans l'organisme ou le fait que les personnes légèrement obèses recourent davantage à des traitements médicaux.

La Dre Katherine Flegal, des Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC), a dirigé cette recherche. Elle avait publié une autre étude controversée en 2005. Cette dernière étude démontrait un lien entre l'excès de poids et une plus grande longévité.

Sa plus récente étude se base toutefois sur un plus grand nombre de données, soit 2,88 millions de sujets et plus de 270 000 décès dans divers pays d'Amérique du Nord, d'Europe, d'Asie et d'Amérique du Sud.

« De petits excès de tissus adipeux pourraient fournir des réserves d'énergie lors de certaines maladies [...] et avoir d'autres effets salutaires qui doivent être étudiés à la lumière de cette dernière recherche », écrivent dans un éditorial, également publié dans le JAMA, les docteurs Steven Heymsfield et William Cefalu, du Pennington Biomedical Research Center à Bâton Rouge, en Louisiane.

Selon le directeur des CDC, Thomas Frieden, il « reste encore à apprendre de l'obésité, notamment une meilleure manière de la mesurer ». Il prévient que l'obésité comporte des risques et demeure un état malsain. « Il ne fait aucun doute que le fait d'être obèse n'est pas sain, car cela accroît le risque de diabète adulte, de maladies cardiaques, de cancer et de nombreux autres problèmes de santé », explique-t-il.

Selon les statistiques des CDC, le tiers des adultes américains sont considérés comme obèses.

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