Le virus de l'hépatite C est bel et bien directement impliqué dans la transformation de cellules saines du foie en cellules cancéreuses, ont confirmé des chercheurs français.
Le Pr Jean-Michel Pawlotsky et ses collègues du Groupe hospitalier universitaire Albert Chenevier ont montré que ce virus conduit les cellules hépatiques à surexprimer un certain gène qui favorise l'apparition du cancer.
Le carcinome hépatocellulaire est la forme la plus fréquente du cancer du foie. La plupart des cas sont liés à une inflammation hépatique chronique et à une cirrhose.
Si ces deux facteurs favorisent la progression du cancer, les chercheurs estiment depuis quelques années déjà qu'ils ne sont probablement pas les principaux déclencheurs de la maladie, et ils soupçonnaient le rôle du virus de l'hépatite C.
Pour le déterminer, les chercheurs ont développé un modèle de souris transgénique capable d'exprimer toutes les protéines virales.
Ils ont ainsi établi que de nombreux phénomènes favorisaient le développement de cancers, comme :
Un gène en question
L'équipe française a ensuite découvert que ces phénomènes sont en fait liés à l'augmentation de l'expression du gène c-myc, impliqué dans l'apparition de nombreux autres cancers.
Or, chez des personnes infectées par le virus de l'hépatite C (avec ou sans cancer du foie), l'équipe a constaté une augmentation de l'expression de ce gène dans toutes les cellules hépatiques, tumorales ou non.
Chez les patients non infectés, cette réalité n'est observée que dans les cellules tumorales, et elle représente une conséquence du processus tumoral.
Ces travaux établissent donc, selon ses auteurs, que le virus de l'hépatite C est un facteur déclencheur du carcinome hépatocellulaire. Toutefois, le cancer a besoin d'autres processus pour se développer comme l'inflammation chronique locale et la cirrhose.
L'équipe du Pr Pawlotsky continue les recherches pour mieux cerner les mécanismes de cancérisation. Elle espère que ce travail permettra un jour de déterminer de nouvelles cibles thérapeutiques.
Pas de bon augure
Un pic épidémique d'infections par le virus de l'hépatite C a été atteint dans les années 70-80.
Les médecins estiment qu'un carcinome hépatocellulaire se développe dans la plupart des cas après quelques dizaines d'années d'infection. Les autorités sanitaires prévoient donc un pic de cancers vers 2020, qui devrait ensuite décroître très lentement.