Les oiseaux se cachent... pour ne pas mourir

Radio-Canada avec Agence France-Presse
Un roselin familier Le roselin familier ou roselin du Mexique  Photo :  iStockphoto

Un petit passereau d'Amérique du Nord, le roselin, évite de fréquenter un congénère lorsque celui-ci montre des signes de maladie, ont observé des biologistes américains.

La chercheuse Maxine Zylberberg et ses collègues de l'Université de Californie à Davis expliquent qu'un oiseau sain se tient prudemment à l'écart de peur d'être infecté, ce qui lui permet également de moins solliciter son système immunitaire.

C'est que, comme chez les humains, les défenses immunitaires des roselins constituent le premier barrage contre une infection. Cependant, les stratégies d'évitement des individus suspects peuvent aussi jouer un rôle important.

L'étude

Afin de mieux cerner comment les oiseaux choisissent la meilleure stratégie à adopter, l'équipe a mené des expériences sur des oiseaux très sociaux, les roselins familiers ou du Mexique (Carpodacus mexicanus).

Elle a placé de part et d'autre d'un oiseau testé des cages renfermant un individu sain et un autre auquel elle avait inoculé une substance produisant les symptômes physiologiques et comportementaux de la maladie.

L'expérience a été répétée à 26 reprises.

Avant l'apparition des symptômes comportementaux, l'oiseau-test ne montrait aucune préférence statistique pour l'un ou l'autre de ses voisins.

Toutefois, plus les signes apparaissaient chez le voisin malade, plus l'oiseau testé avait tendance à l'éviter. Au pic des symptômes, 77 % des roselins affichaient une préférence marquée pour leur congénère présentant tous les signes de bonne santé.

Également, l'équipe a analysé des échantillons de sang des oiseaux-tests pour comparer leurs défenses immunitaires.

Avant l'apparition des symptômes, ils n'ont constaté aucune différence entre ceux qui ont évité leur voisin « malade » et ceux qui s'en étaient abstenus.

Après leur apparition, les roselins prudents affichaient en revanche un taux d'anticorps et une activité immunitaire plus faibles que les autres.

Si la stratégie d'évitement minimise les risques d'exposition aux agents infectieux, elle a également un coût puisqu'elle réduit les occasions de se reproduire, de trouver de la nourriture ou de se défendre contre des prédateurs.

De plus, l'activation du système immunitaire consomme davantage d'énergie, nécessite donc de trouver plus de nourriture et augmente certains risques biologiques.

« Les coûts et bénéfices respectifs de ces stratégies varient probablement en fonction de différents facteurs, tels que l'âge et le sexe. » — Étude

D'autres recherches permettront à l'avenir de mieux saisir les critères qui motivent ces stratégies défensives différentes.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Biology Letters.

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