Jeux de Londres : des bandes thérapeutiques aux vertus contestées

  |  Radio-Canada avec Reuters et BBC
L'attaquant italien Mario Balotelli enlève son maillot après son second but contre l'Allemagne, en demi-finale de l'Euro 2012. L'attaquant italien Mario Balotelli enlève son maillot après son second but contre l'Allemagne, en demi-finale de l'Euro 2012.  Photo :  AFP/CHRISTOF STACHE

De plus en plus populaires, les bandes de couleurs Kinesio pour traiter les blessures sportives ont été aperçues dans les dernières années sur le corps des athlètes, dans nombre de sports. Les scientifiques restent toutefois sceptiques quant à leurs effets thérapeutiques.

À l'Euro en juin dernier, le buteur italien Mario Balotelli a retenu l'attention quand, en enlevant son maillot après son second but contre l'Allemagne en demi-finale, il a dévoilé trois bandes adhésives bleues collées sur son dos. Aux Jeux olympiques de Londres, plusieurs athlètes, notamment des joueurs de handball et de volley de plage, ont été aperçus arborant des bandes similaires.

Conçue par le médecin japonais Kenzo Kase il y a plus de 30 ans, la bande Kinesio doit permettre de diminuer considérablement les douleurs articulaires et musculaires.

D'après le Dr Kase, la bande Kinesio soulève la peau et facilite la circulation lymphatique, réduisant la douleur et le gonflement, contrairement à la bande adhésive traditionnelle qui, selon lui, limite les mouvements et ralentit la guérison en gênant la circulation des fluides.

Effet placebo?

Assez rares, les recherches sur le sujet suggèrent cependant que la capacité à soulager les douleurs musculaires de la bande colorée est limitée.

Dans une recherche publiée dans la revue Sports Medicine, qui compile toutes les études scientifiques sur le sujet, des chercheurs ont constaté « peu d'éléments de preuve pour encourager l'utilisation de la bande Kinesio plus que d'autres types de bande adhésive élastique dans la gestion ou la prévention de blessures sportives ».

Selon Steve Harridge, professeur de physiologie humaine appliquée au King's College de Londres, de nombreux athlètes semblent porter la bande même quand ils n'ont pas de blessure, espérant sans doute un certain effet préventif.

« La bande peut être un accessoire de mode [...], mais à ma connaissance, il n'y a aucune preuve scientifique solide pour démontrer qu'elle améliore la performance musculaire », affirme-t-il.

Les scientifiques conviennent toutefois que des bienfaits d'ordre psychologique de l'objet existent. « Un placebo efficace pourrait faire toute la différence entre le succès et l'échec », soutient John Brewer, professeur de sciences du sport à l'Université de Bedfordshire, en Grande-Bretagne.

Kevin Anderson, directeur général de Kinesio UK, qui fournit la bande en Grande-Bretagne, reconnaît que la recherche scientifique ne confirme pas encore « les résultats positifs » constatés.

« Il n'y a rien de magique dans la bande, elle ne peut certainement pas améliorer vos performances ou vous transformer en Superman, mais les gens utilisent la bande pour soulever la peau, réduire la pression et aider à soulager la douleur et l'enflure », explique-t-il.

La joueuse de volley-ball de plage allemande Sara Goller, qui arborait récemment aux Jeux olympiques deux longues bandes roses Kinesio sur sa jambe gauche, abonde dans la même direction. « [La bande] peut libérer ou mettre de la tension sur un muscle, dépendamment de ce que vous voulez », dit-elle.