La bactérie incorpore lentement l'arsenic dans son développement
Photo : NASA
La revue Science a publié deux études qui réfutent les résultats d'une étude financée par la NASA et publiée en décembre 2010 faisant état de la découverte d'une bactérie qui se développe à partir de l'arsenic au lieu du phosphore.
Cette découverte, mise en doute dès sa publication par certains scientifiques, aurait bouleversé la recherche de la vie extraterrestre.
La bactérie appelée Halomonadaceae (GFAJ-1) était capable, selon la NASA, de survivre à l'arsenic et incorporait également certaines composantes dans son ADN et dans ses cellules.
Or, Science publie maintenant des travaux qui montrent que ce microorganisme a quand même besoin de petites quantités de phosphate pour se développer et qu'il ne peut pas remplacer le phosphore.
Le phosphore est l'une des six molécules clés de la vie telle que nous la connaissons sur la Terre avec l'oxygène, l'hydrogène, l'azote, le carbone et le souffre.
Les nouveaux travaux
Une première recherche menée par le microbiologiste Tobias Erb de l'Institut de microbiologie de Zurich, en Suisse, montre que la bactérie a besoin d'une certaine quantité de phosphate pour se développer même si elle peut survivre dans un environnement contenant de fortes teneurs d'arsenic et de faibles quantités de phosphate.
La deuxième, dirigée par Marshall Reaves de l'Université de Princeton, confirme cette conclusion selon laquelle l'arsenic seul n'est pas suffisant pour permettre à cette bactérie de se développer.
Ainsi, il n'existe aucune indication que des molécules d'arsenic peuvent se substituer au phosphore dans l'ADN de la bactérie.
Le phosphore reste donc essentiel pour que les organismes vivants puissent exister et se développer sur la Terre, et ce, malgré le fait que la Halomonadaceae puisse vivre dans un environnement avec de plus faibles concentrations de phosphate que les autres variétés de microorganismes résistant à la toxicité de l'arsenic.
La chercheuse Felisa Wolfe-Simon a estimé dans un communiqué que les données contenues dans ces deux nouvelles études sont tout à fait compatibles avec ses résultats et que son équipe prévoyait publier de nouvelles informations dans les prochains mois.