Timothy Brown
Photo : AFP/GERARD JULIEN
L'histoire du « patient de Berlin » est porteuse d'espoir pour des millions de personnes atteintes du VIH-sida depuis 2009: Timothy Brown, un homme séropositif et atteint de la leucémie, qui avait subi une transplantation de cellules souches de la moelle osseuse, ne présente aucune trace du virus dans son sang depuis l'opération.
Le donneur était porteur d'une mutation génétique lui conférant une protection naturelle contre le virus.
Le patient a cessé de prendre un traitement antiviral et son cas fut l'objet d'un article dans le New England Journal of Medecine.Cette guérison, la seule rapportée à ce jour, est aujourd'hui remise en question par l'interprétation que font certains experts de nouveaux tests.
Le virologue Steven Yukl, de l'Université de Californie à San Francisco, affirme que de nouvelles analyses ont permis de détecter des fragments d'acide nucléique du virus dans le sang de M. Brown. Il ne veut toutefois pas affirmer que ses résultats sont réels ou qu'ils sont le fait d'une contamination de l'échantillon.
Selon lui, la médecine ne peut donc pas établir avec certitude qu'il y a eu une éradication totale du VIH dans le corps du patient.
Un autre expert du VIH-Sida, le virologue français Alain Lafeuillade, n'est pas de cet avis et affirme que les résultats indiquent la présence du VIH dans le sang de Timothy Brown.
L'auteur même des travaux, Steven Yukl, et d'autres scientifiques rejettent cette interprétation du Dr Lafeuillade.
Un autre chercheur qui a participé à la recherche, le Dr Douglas Richman de l'Universite de Californie à San Diego, affirme pour sa part n'avoir rien trouvé et pense que ses collègues ont en fait trouvé des contaminants.
Un autre laboratoire a aussi trouvé des anticorps de VIH dans l'organisme de Timothy Brown, mais les niveaux étaient faibles et en baisse.
Pour un autre virologue qui a participé aux travaux, le Dr Tae-Wook Chun de l'Institut américain des allergies et des maladies infectieuses, l'équipe n'a isolé aucun virus du sida capable de faire des copies de lui-même. Selon lui, Timothy Brown pourrait simplement être porteur de fragments génétiques défectueux et inoffensifs du virus.
Ce débat est relaté sur le blogue ScienceInsider de la revue Science.