Représentation artistique. Il est possible d'y voir deux étapes d'assemblage d'une protéine (en violet et en rouge), ainsi que la sonde fluorescente (en jaune) utilisée pour visualiser ces états.
Photo : UdM-Peter Allen
Une nouvelle technique qui permet de visualiser l'assemblage des protéines, ces minuscules machines au coeur de la vie, a été mise au point par des bio-ingénieurs de l'Université de Montréal.
Grâce à des marqueurs moléculaires fluorescents, le Pr Stephen Michnick et le Dr Alexis Vallée-Bélisle ont réussi à observer des protéines à différentes étapes de leur repliement. Ces étapes sont très rapides et leur compréhension lève le voile sur les mécanismes moléculaires de leur fonctionnement.
L'innovation québécoise pourrait permettre, par exemple, de visualiser le mauvais repliement caractéristique de certaines protéines dans des pathologies comme l'alzheimer et le parkinson. Elle pourrait également être utilisée en nanotechnologie et permettre de meilleurs diagnostics médicaux et environnementaux.
Explications
L'observation d'une protéine passant d'un état relativement simple à son état fonctionnel très complexe demande de saisir des photos de sa forme à chaque étape de l'assemblage. Ces étapes de développement peuvent ne durer qu'une fraction de seconde, souvent quelques millisecondes.
À ce jour, aucune technique ne permettait d'obtenir des renseignements structurels précis sur ces stades en un si court laps de temps.
Toutefois, le processus d'assemblage d'une protéine n'est pas une fin en soi, puisque cette dernière peut continuellement se modifier, en raison de changements chimiques ou de l'âge de l'être vivant.
Le détail de leurs travaux est l'objet d'un article dans la revue Nature Structural and Molecular Biology.