Contre le cancer, mais aussi l'alzheimer

cerveau-alzheimer-cortex Vue en coupe de l'épaisseur corticale d'un sujet sain (à gauche) et d'un patient atteint de la maladie d'Alzheimer (à droite).

Une percée sans précédent a été réalisée dans la lutte contre l'alzheimer, soutiennent des chercheurs américains. Un médicament appelé bexarotène agit contre de nombreux effets de la maladie qui apparaissent chez la souris.

Cette molécule est déjà reconnue par Santé Canada et la Food and Drug Administration (FDA) dans le traitement contre le cancer de la peau.

Selon des chercheurs de la Case Western Reserve University à Cleveland, le bexarotène s'attaque à l'accumulation de fragments d'une protéine appelée bêta-amyloïde jugée comme un élément clé dans l'apparition de la maladie d'Alzheimer.

Normalement, le cerveau produit ces fragments qui sont dégradés par des enzymes à l'aide d'une protéine appelée ApoE. La chercheuse Paige Cramer et ses collègues ont émis l'hypothèse que le bexarotène pourrait augmenter l'élimination des fragments bêta-amyloïdes dans le cerveau parce qu'il aide à activer l'ApoE. Ils ont donc donné ce médicament à des souris conçues pour avoir une maladie comparable à l'alzheimer et ont constaté que les niveaux de fragments dans le cerveau des souris avaient chuté en quelques jours. Les souris ont également présenté une amélioration de leurs performances cognitives, sociales et olfactives.

En fait, chez le rongeur, la molécule a fait disparaître jusqu'à 75 % des plaques de bêta-amyloïdes. Il semblerait que le bexarotène reprogramme les cellules immunitaires dans le cerveau pour qu'elles puissent de nouveau « nettoyer » les dépôts d'amyloïdes.

« Jusqu'alors, le meilleur traitement existant chez des souris de laboratoire prenait plusieurs mois pour éliminer les plaques amyloïdes. » — Dr Daniel Wesson, co-auteur

L'équipe américaine veut maintenant s'assurer qu'il agit de la même manière chez les humains. Si c'est le cas, elle entend transformer cette découverte de recherche fondamentale en traitement. Des essais cliniques préliminaires pourraient commencer d'ici l'année prochaine.

La semaine dernière, la publication de deux études indépendantes (l'une de l'Université Columbia et l'autre de l'Université Harvard) avait permis de répondre à une question qu'on se posait depuis deux décennies : comment la maladie d'Alzheimer se propage-t-elle dans le cerveau? Deux hypothèses existaient : de neurone en neurone ou par blocs, passant de certaines parties du cerveau à d'autres.

La réponse : la maladie se propage de neurone en neurone. Ces travaux étaient les premiers à démontrer que la maladie se répand comme une infection, à l'image d'un virus.

Le détail de ces travaux est publié dans le magazine Science.

En complément

Ailleurs sur le web

Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes suggérés ci-après.