Une baleine franche de l'Atlantique Nord
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Environnement Canada
Les bruits qui accompagnent le trafic maritime ne perturbent pas seulement l'environnement et les habitudes des baleines. Des chercheurs américains ont montré que la présence de bateaux affecte directement leur organisme en provoquant chez elles un « stress chronique ».
Leurs travaux réalisés dans la baie de Fundy, sur la côte est canadienne, montrent que les hormones du stress présentes dans les excréments de la baleine noire ont baissé après le 11 septembre 2001, date à laquelle le trafic maritime a diminué radicalement en raison des attentats aux États-Unis.
Les biologistes pensent qu'il s'agit de preuves supplémentaires qu'elles sont stressées par le bruit des hélices et des moteurs, dont les fréquences, de 20 à 200 Hertz, sont semblables à celles que les baleines utilisent pour communiquer entre elles.
Ces données (relevés acoustiques et analyse d'excréments) ont été recueillies dans le cadre d'une campagne d'étude des baleines franches de l'Atlantique Nord (Eubalaena glacialis) qui était en cours depuis quelques semaines au moment des attentats.
Ainsi, dans les jours qui ont suivi le 11 septembre, l'intensité du bruit de fond dans les eaux de la baie de Fundy avait diminué de 6 décibels. Et cette réduction était particulièrement notable en dessous des 150 Hz fortement utilisés par les baleines.
Les analyses fécales montraient alors une forte chute de leur teneur en glucocorticoïdes, hormones sécrétées par les vertébrés en réponse à un stress.
Des analyses similaires ont été menées les années suivantes, jusqu'en 2005, sans qu'une telle baisse en glucocorticoïdes, saisonnière ou même ponctuelle, ne soit perçue.
Le stress chronique chez les baleines est encore peu documenté. Toutefois, la science sait que la production répétée de glucocorticoïdes chez les vertébrés a des effets négatifs sur leur santé, comme :
L'exemple du Pacifique
D'autres travaux, réalisés dans le nord-est du Pacifique, ont montré que le bruit de fond basse fréquence a augmenté de 10 à 12 décibels depuis les années 1960, ce qui correspond à une période durant laquelle le transport maritime mondial a doublé.
Ces recherches avaient montré que cette pollution sonore obligeait les baleines franches à augmenter à la fois l'amplitude et la fréquence de leurs signaux, modifiait leur comportement et les obligeait parfois à changer d'habitat. Les présents travaux montrent maintenant que les effets sont importants et durables.