©
iStockphoto
Les manuels de neurologie devront être réécrits, puisque le centre de la parole dans le cerveau ne se situe pas à l'endroit où la médecine le place depuis la fin du 19e siècle, affirment des chercheurs américains.
Le Pr Josef Rauschecker et ses collègues de la Faculté de médecine Georgetown à Washington affirment que les neurologues pensaient que le siège de la parole était situé à l'arrière du cortex cérébral, près du cortex auditif où tous les sons sont reçus.
Cette zone avait même été nommée « aire de Wernicke », pour souligner le travail du neurologue allemand qui avait découvert cette partie du cerveau fin 1800 à la suite de travaux menés sur les traumatismes cérébraux et leurs effets sur la capacité à parler ou à comprendre quelqu'un qui parle.
Or, l'analyse de plus de cent études d'images du cerveau permet aujourd'hui de déterminer que le centre de la parole de Wernicke se trouve au mauvais endroit. Il se situe environ trois centimètres plus près de l'avant du cerveau et de l'autre côté du cortex auditif. D'un point de vue neurologique, c'est très loin de l'endroit retenu à l'époque par Wernicke.
Le Pr Rauschecker soutient que cette nouvelle découverte est également d'une grande importance sur le plan évolutif, puisque l'emplacement du centre de la parole chez les humains se trouve maintenant au même endroit qu'une zone récemment découverte chez des primates qui joue un rôle similaire pour émettre ou comprendre des sons.
Cette réalité laisse penser, selon le Pr Rauschecker, que les origines de la parole chez les humains et les singes sont plus proches que ce que la science évaluait à ce jour.
Le détail de ces travaux est publié dans les annales de l'académie américaine des sciences (PNAS)