L'empathie selon le rat

Un rat dans un piège   © IStockphoto

Des rats libèrent d'autres congénères prisonniers d'un piège même si aucune récompense ne leur est offerte, ont démontré des chercheurs américains.

À ce jour, les scientifiques pensaient que seuls les primates étaient capables d'empathie, cette capacité d'écoute qui permet de se mettre à la place d'un autre tout en gardant son propre point de vue.

Cet exemple inhabituel démontre le contraire, c'est-à-dire que ces rongeurs peuvent eux aussi être sensibles au malheur de leurs semblables.

Le chercheur Inbal Ben-Ami Bartal et ses collègues de l'Université de Chicago expliquent que le fait que les rats soient capables de libérer leur partenaire indique qu'ils peuvent reconnaître la détresse de l'autre rat, mais aussi de garder assez leur calme pour rester efficaces et ouvrir la cage au lieu de s'immobiliser ou de s'enfuir.

Les rats n'ouvraient pas la trappe des boîtes qui étaient vides ou qui contenaient d'autres choses. Ils ouvraient la boîte même lorsqu'ils ne pouvaient faire ensuite la connaissance de l'autre animal, ce qui est en soi une forme de récompense.

En outre, les rats qui avaient accès à des pépites de chocolats qu'ils pouvaient manger directement ouvraient encore la boîte, enfermant leur congénère avant de partager la récompense avec l'autre.

Les auteurs de ces travaux publiés dans le magazine Science ont aussi déterminé qu'une plus grande proportion de femelles que de mâles libéraient les rats en détresse, une donnée qui tend à confirmer les résultats d'autres travaux qui montrent que l'empathie serait une caractéristique davantage féminine. Du moins, chez le rat!

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