Truvada, le traitement de prévention contre l'infection au VIH/sida, n'offre pas une pénétration égale dans tous les tissus génitaux potentiellement exposés au VIH, selon une étude américaine.
Cette nouvelle connaissance permet d'expliquer pourquoi les résultats de certaines études cliniques semblaient concluants alors que d'autres, menées avec le même médicament, ne l'étaient pas.
L'année dernière, une étude avait même démontré que la prise quotidienne d'une pilule combinant deux antirétroviraux permettait de réduire jusqu'à 73 % l'infection au VIH.
Or, une nouvelle recherche laisse penser que les séronégatifs, les femmes particulièrement, doivent utiliser différentes doses du médicament pour être certains d'être protégés du virus.
C'est en analysant un groupe de 15 individus que la Dre Kristine Patterson et ses collègues de l'École de médecine de l'Université de la Caroline du Nord ont observé que les antirétroviraux se retrouvent à différentes concentrations dans certaines muqueuses et les sécrétions cervicales, vaginales et rectales.
Sur les deux antiviraux composant le Truvada, le ténofovir et l'emtricitabine, l'un était plutôt concentré et restait plus longtemps dans le tissu rectal, alors que l'autre se retrouvait plus dans les tissus cervicaux et vaginaux.
Il en ressort donc que le dosage standard des deux médicaments pourrait ne pas suffire à éviter une infection par le VIH.
Cette nouvelle donnée pourra être prise en compte pour les prochains essais destinés à prévenir l'infection par le VIH, estiment les chercheurs dont les travaux sont publiés dans le journal Science Translational Medicine.
Le Truvada
Les deux antirétroviraux présents dans la pilule concoctée par l'entreprise Gilead font partie de la classe des inhibiteurs de la transcriptase inverse, qui interfère avec le virus dans sa capacité à se répliquer.
Le médicament est déjà approuvé par la Food and Drug Administration (FDA) pour traiter le VIH, mais il ne l'est pas pour les cas de traitement préventif. Il coûte actuellement environ 1000 $ par mois, mais Gilead laisse plusieurs entreprises indiennes en fabriquer une version générique pour 0,40 $ la dose en vente dans les pays en voie de développement.