Des vestiges d'une civilisation dans le désert libyen

Radio-Canada avec Sciences et avenir
Des ruines de ce qui aurait pu constituer les murs d'un fort, dans le désert libyen Des ruines de ce qui aurait pu constituer les murs d'un fort, dans le désert libyen  Photo :  Toby Savage

Des chercheurs britanniques ont découvert, grâce à des observations satellites, des traces de ce qui serait une civilisation préislamique dans le désert libyen, remettant en question la compréhension de l'histoire de cette région.

Les structures comprennent de nombreuses fermes fortifiées, des villages entourant des châteaux avec des murs de quatre mètres de hauteur toujours debout, des cimetières, des puits et des systèmes d'irrigation. Elles auraient été construites entre 100 et 500 après J.-C. par les Garamantes, un ancien peuple libyco-berbère, selon les chercheurs.

Ce peuple vivait entre la Libye et l'Algérie, plus particulièrement autour des oasis de Djerma et de Mourzouk.

L'imagerie satellite a permis à l'archéologue David Mattingly et à son équipe de l'Université de Leicester de couvrir une grande région.

Interprétation à partir d'une image satellite : les fortifications sont en noir, les zones d'habitations, en rouge, et les oasis, en vert. Interprétation à partir d'une image satellite : les fortifications sont en noir, les zones d'habitations, en rouge, et les oasis, en vert.  Photo :  Google/DigitalGlobe

Les preuves suggèrent que le climat n'a pas tellement changé au fil des années et que le paysage sans précipitation était autrefois très densément construit et cultivé, explique Martin Sterry, autre chercheur de l'Université de Leicester.

Les vertiges représentent en fait les premières villes en Libye qui n'ont pas été construites par les peuples méditerranéens colonisateurs, comme les Grecs et les Romains, soutient le professeur Mattingly.

La découverte remet en question une vision, datant de l'Empire romain, qui faisait des Garamantes des nomades barbares. Selon David Mattingly, ils étaient au contraire hautement civilisés, vivaient dans de grandes agglomérations fortifiées autour des oasis. Les Garamantes formaient un état organisé avec des villes et des villages, une langue écrite et des technologies de pointe. Ils ont été des pionniers dans l'établissement des oasis et l'ouverture du commerce transsaharien, ajoute-t-il.

La civilisation aurait même pu voir le jour vers 1000 avant J.-C., selon les chercheurs. Des historiens grecs faisaient déjà mention de leur existence aux alentours de 500 avant J.-C. Les chercheurs avancent que cette société a périclité et s'est éteinte vers 500 après J.-C. en raison de changements climatiques ou d'une surutilisation des ressources hydriques de la région.

Les archéologues ont été forcés d'évacuer la Libye en février lorsque la révolte anti-Kadhafi a commencé, mais ils comptent retourner sur le terrain dès que la sécurité sera entièrement restaurée.