Image : Un quadrupôle microfluide, formé par l'injection de fluides provenant de deux ouvertures sources (les plus) qui sont réaspirés dans deux ouvertures drains (les moins).
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Université McGill
Une invention de chercheurs de l'Université McGill et de l'École polytechnique défie l'imagination humaine.
Thomas Gervais et David Juncker ainsi que leurs collègues ont mis au point un appareil qui permettra d'étudier le comportement de cellules vivantes et d'une gamme de processus cellulaires, allant de la formation de cellules cancéreuses à la manière dont les neurones se placent dans le processus du développement cérébral.
Cet outil est fondé sur l'utilisation de quadrupôles, des paires d'objets identiques, deux « positifs » et deux « négatifs », disposés en carré de manière à créer un champ de force entre eux.
Des quadrupôles nouveau genre
Les quadrupôles électrostatiques existent dans certaines antennes radio, et les quadrupôles magnétiques servent à concentrer des faisceaux de particules chargées dans des accélérateurs de particules.
La science décrivait théoriquement depuis des décennies des quadrupôles dans les liquides, mais les chercheurs montréalais les ont créés pour la première fois en laboratoire.
Pour en illustrer les utilisations possibles, les chercheurs font l'analogie avec un aspirateur à jet d'eau microscopique, de la taille de la pointe d'un stylo, en vol stationnaire au-dessus de la surface de cellules sans jamais les toucher.
La conception d'un tel appareil nécessite la création de quatre trous dans une tige de silicium d'environ un millimètre carré.
Lorsqu'on approche l'appareil d'une surface, il fonctionne comme un aspirateur à jet d'eau. Deux ouvertures (orifices « positifs ») émettent de microscopiques jets de liquide sur la surface, et les deux autres ouvertures (les orifices « négatifs » ou drains) les réaspirent dans l'appareil.
Dans la comparaison avec l'aspirateur à jet d'eau, il faut maintenant remplacer le tapis par une couche de tissu vivant ou de cellules adhérentes. L'appareil se déplace au-dessus de cette couche jusqu'à ce qu'il atteigne la cible désirée.
Ensuite, il envoie simplement un jet de liquide comprenant les produits chimiques nécessaires pour stimuler, analyser, détacher ou tuer les cellules, selon la mission.
Le détail de cette invention est décrit dans la revue Nature Communications.