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Le gouvernement australien devra recalculer la part des vaches dans ses émissions de gaz à effet de serre annuelles. Une nouvelle étude dévoilée vendredi permet de constater qu'elles rotent en effet 30 % moins de méthane que ce que l'on pensait précédemment. Ce nombre pourrait encore diminuer si on change légèrement leur alimentation.
Les vaches, les moutons et les autres ruminants produisent par la digestion des plantes de grandes quantités de méthane. Ce gaz capture jusqu'à vingt fois plus de chaleur que le dioxyde de carbone. Un seul boeuf d'élevage peut produire à lui seul près de 1,5 tonne de gaz à effet de serre par année. Contrairement à la croyance populaire, c'est en éructant que les vaches émettent le plus de gaz.
Jusqu'à maintenant, les autorités australiennes estimaient à 4,5 % la part de ses troupeaux d'élevage - 27 millions de têtes - dans le compte national des émissions de gaz à effet de serre. Mais les chercheurs de l'Organisation de recherche scientifique et industrielle du Commonwealth (CSIRO) ont pu raffiner cette estimation en utilisant des « chambres à respiration » spécialement construites pour l'expérience.
« Il faut toujours être prudent lorsque l'on transpose sur le terrain les résultats obtenus en laboratoire, mais nous avons pu vérifier nos découvertes dans les champs avec un système de détection de méthane par laser », a expliqué le Dr Ed Charmley, directeur de l'étude.
Les scientifiques n'ont pas seulement scruté les exhalaisons bovines, ils ont aussi testé différents types d'alimentation pour voir s'il y avait des différences significatives entre la digestion d'une plante ou d'une autre. Ils ont ainsi pu mesurer que les vaches nourries à la leucaena, une plante tropicale, produisaient encore moins de méthane que celles soumises à un régime normal.
« Ce que cette recherche sur la nutrition démontre, c'est qu'il peut y avoir des scénarios gagnants pour l'industrie et l'environnement », affirme le Dr Charmley.
Près de la moitié des troupeaux bovins australiens sont situés dans le nord du pays. Une réduction de 30 % des émissions représente environ 7,4 millions de tonnes de gaz en moins, soit l'équivalent de la production annuelle d'une grande centrale au charbon. Un calcul plus raffiné des émissions de gaz à effet de serre pourrait permettre au gouvernement australien de mieux orienter sa lutte contre le réchauffement climatique.