Les stocks de gros poissons ont chuté en 100 ans

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse
Des thons rouges en vente à Tokyo au Japon Des thons rouges en vente à Tokyo au Japon   © AFP/Yoshikazu Tsuno

La surpêche a fait disparaître les deux tiers des thons, des morues et des mérous dans les océans depuis 100 ans, entraînant le doublement des populations de petits poissons comme les sardines et les anchois, selon une étude présentée vendredi à Washington, dans le cadre de la conférence annuelle de l'Association américaine pour l'avancement de la science (AAAS).

L'équipe de scientifiques a étudié plus de 200 écosystèmes marins dans le monde dont ils ont tiré quelque 68 000 estimations sur les populations de poissons et de prises de pêche, sur une période allant de 1880 à 2007.

Les chercheurs ont noté une diminution de 54 % des gros poissons au cours des 40 dernières années seulement.

« La surpêche a eu pour effet de modifier l'équilibre de la faune dans les océans. La forte diminution des gros prédateurs a fait exploser les populations de petits poissons », a expliqué Villy Christensen, professeur à l'Université de Colombie-Britannique, un des auteurs de cette recherche.

Bien que le doublement des populations de petits poissons augmente le potentiel de prise de pêche, cette chaîne alimentaire est plus vulnérable aux fluctuations environnementales, selon M. Christensen.

Aquaculture

« Actuellement, nombre de poissons sont transformés en farine et en huile pour être utilisés comme aliments dans l'industrie de l'aquaculture, qui dépend de plus en plus de cette source d'alimentation », note M. Christensen.

« Si cette situation persiste, nos océans risquent de devenir un jour une ferme à produire des aliments pour l'aquaculture », ajoute-t-il.

Afin de contrer l'effondrement des stocks de gros poissons et les problèmes environnementaux de l'aquaculture, certains chercheurs suggèrent de se tourner vers la consommation de petits poissons, comme les harengs, les sardines et les capelans. En plus d'être abondants, ils ont une meilleure valeur nutritive que les gros poissons et ils contiennent moins de polluants.

Stocks de morue

Par ailleurs, une étude montrait en 2010 que la biomasse du stock de morues adultes au sud du golfe du Saint-Laurent est basse, mais stable par rapport à 2009. Elle se situe à 26 000 tonnes métriques.

Selon le biologiste Rodrigue Morin, de Pêches et Océans Canada, le point de référence de conservation de l'espèce se situe à 80 000 tonnes métriques.

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